Dimanche 2 décembre 2007
brume.jpgDu dominé au dominant : angélique ou non.

Sans cesse j'analyse méticuleusement ce qui m'entoure, caché derrière mes lunettes rondes. Ce gars là est un type réellement intéressant. On parle de choses capitale pour une fois. Lui aussi aura tout compris un jour ou l'autre, du moins il s'approchera de ça. Il est très intelligent et contrairement à d'autres, ça ne me fait pas peur, puisqu'il semble avoir bon fond. Mais cette fois, il ne m'a pas capté.
Ai-je tort de me craindre ? Je viens de découvrir la perversité de mon esprit. J'ai un terrible goût de la possession, du contrôle absolu de tout ce qui m'entoure, par n'importe quel moyen. Ce qui ne m'appartient pas m'offusque. Que j'aime jouer Dieu, me croire être le nombril.
Un de mes plus grand rêves est de tenir en joue mon pire cauchemard, et qu'il tremble sous le poids de la puissance contre laquelle il ne peut faire face. Je veux qu'il soit mon pantin, qu'il me supplie de l'épargner -tout ce que je mérite c'est que ça m'arrive à mon tour - et je l'épargnerai. Du moins je l'espère. J'espère ne pas être assez con au point d'oser faire justice. Ce fantasme de puissance m'anime. Il me répugne aussi. J'aimerais réellement savoir si il est permis d'accéder à de tels extrema, si c'est de bonne foi, et dans le respect d'une certaine éthique.
Tellement bon de savoir qu'une légère pression du doigt entraînera la destruction de milliards d'années de combinaisons, savoir aussi qu'on a le pouvoir de ne pas commettre.

A côté de ça, j'aime la bouffe, les histoires, la vie, les amis, les sens. Mais où sont les limites ?
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Samedi 24 novembre 2007
* Clo speaking*

L'envers du décor est tout lisse. Dans ce blanc clinique on n'arrive pas à penser que les mots tapés ici en toute clarté deviendront des petites créatures de l'ombre, qui essayeront de s'entortiller aux yeux de ceux qui les lisent, gris sur fond noir,  bestioles un peu timides aux aspérités non voilées.

Ici il y a tant de choses qui voudraient se dévoiler en transparence, qui essayent de percer.  Celui qui lit n'est  pas toujours sûr de ce qu'il doit comprendre, mais peut être que celui qui écrit ne sait pas non plus toujours ce qu'il veut transmettre. Qu'importe, la grâce se niche dans les creux de phrases cristallines, où le sens est voilé mais où la sonorité des mots l'emporte. Il faut user les mots pour mieux les redécouvrir, il faut les tordre dans tous les sens pour finalement réaliser que c'est dans leur emploi le plus courant qu'ils prennent de l'ampleur, qu'ils dépassent les cadres que l'usage leur a imposé. 

Entre introspection et discours sur les mathématiques, ce qui perce c'est l'envie de découverte, et derrière l'écran toujours ces yeux émerveillés qui cherchent plus loin.  Cherchons, chers amis, et peut-être trouverons-nous au détour du chemin un beignet qui se transforme en tasse. Ou l'inverse. Whatever. Bonsoir :)

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Mardi 20 novembre 2007
"Insignifiant sur la route de Paris
Je roule sur les pavés grelottants de sueur
Saveur de goûter à ce plat pays
Comme emporté par le torrent de lueurs

Bleutées d'eau de Cologne. La chose me parle
Semble sonner dans un coin de ma tête
Comme une horloge détonnante

Fais le bien pour le bien comme un échange tascite

Alors je tente le bien au sens où je l'entends
Le tout est à la bonne foi, je ne suis qu'insignifiant
Et place à la complaisance, le Pari est tenu
Il me renvoie la joie que j'attendais

J'ai fait le bien pour le bien, échange un peu tactique

Plus d'espoir, il n'y en a plus besoin
Puisque je nage dans le nuage de l'excès
Plaisir suprême du bonheur trouvé
Mais toi ma petite horloge, je t'ai oubliée.
Oubliée.

Et je roule sur Paris"


Les vers les moins laids que j'ai tenté d'écrire... Encore bourrés de sentiments en demi teinte, les pieds mécanisés et non respectés. Les rimes oubliées.
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Samedi 17 novembre 2007
nezrouge.jpg"Il avait pris du papier Canson noir, et avec un fusain il avait dessiné Armstrong, avec la trompette. Il aimait aussi beaucoup Chet Baker, il dessinait bien. Il y en avait partout dans sa chambre à Sanary. Depuis on a tout balancé. Le Jazz, c'était son truc... Tout le monde lui demandait pourquoi il en écoutait autant, personne n'arrivait à comprendre, jamais. Il était le seul de la bande à en écouter. Il était fondu de Jazz.
Et aux PTT, Chabou disait toujours qu'il était le plus classe du bâtiment. Il était coquet, il avait bon goût."

Lorsque par hasard je mets les pattes dans les racks de la chambre bleue, c'est son image mystérieuse qui m'habite. C'est comme si je n'avais pas eu le temps de le connaître. Je n'ai pas mûri assez tôt pour qu'il me raconte, pour qu'il m'apprenne. On n'a rien eu le temps d'apprendre. Parfois je regrette, et il se mythifie davantage dans mon esprit. Je n'ai pas eu le temps de l'admirer, de l'aimer. Maintenant seulement je réalise, sans le connaître, qui il a pu être et à quel point je voudrais lui ressembler, accéder à ce à quoi il a pu accéder. En cherchant à le rencontrer, j'ai de plus en plus l'impression de marcher sur ses traces, et je pleure davantage aujourd'hui que le jour où il nous a quitté.
C'est vrai qu'il était beau. Il était accompli, il avait tout compris. C'est si rare. Au delà de tout ce que l'on a vécu et qui touche mon enfance, il était quelqu'un. On en a manqué, quel dommage. J'aurais aimé en vivre plus avec lui, qu'il me voie comme je suis aujourd'hui, et non plus comme j'étais à l'époque, qu'il me voie me construire, et qu'il me guide. En marchant à côté de son ombre, je me sens protégé, je sens qu'il y a quelque chose à chercher, même si on ne peut pas directement partager nos passions. Il n'en reste que des indices. Te connaître, te recréer, deviner ce que tu étais, ce que tu aimais, et devenir comme toi, en portant ton nom et ton prénom.

Mon coeur tappe, et la petite larme.
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Dimanche 11 novembre 2007
Quel bonheur, cette douleur dans les mains, même si ça peut paraître paradoxal. Cela faisait trois semaines pleines que je ne les avait pas posées sur Aline. C'est un peu comme si j'avais à nouveau découvert son corps aujourd'hui, avec ses petites habitudes, ses petits défauts, se petits caprices. Il faudrait que j'aille lui acheter un nouveau jeu, elle devient trop molle à force de conserver ses coutumes de débutante. Elle se mettrait presque à friser.

Mes yeux trop humides de penser à Lise m'ont enfin poussé à entrebâiller le batant. Elle semble toujours dormir. Elle doit croire que je la boude, ça fait longtemps qu'elle n'a pas reçu mes soins, après avoir été témoin d'une crise de fierté surabondante de ma part. Même s'il y a du vrai dans cette affirmation, ça ne tient pas qu'à moi. Tout doit être silencieux dans l'appartement. Même Gerhard ne sort qu'une fois par semaine, pour émouvoir tout ce qu'il touche, malgré ses dents de grinchailleux. Seule Jeannine, si légère, a le droit de bouger comme bon lui semble, puisqu'elle ne parle qu'en voyage, et qu'elle adore voyager. Dehors, elle peut faire découvrir sa voix sans crainte de représailles, même si elle parle beaucoup plus faiblement que ses deux voisines bien trop fières de leur timbre spécial.

Il me tarde vraiment de la retrouver. Mais en même temps, je ne me sens pas de le faire tout de suite, alors que je le pourrais. C'est comme si j'avais envie de faire durer cette absence acidulée pour mieux profiter de nos futurs moments ensemble. Je suis sûr qu'elle m'attend aussi, malgré ce petit différent, et son visage qui me montre de la colère. Lise est rancunière, mais au fond, on se sent tellement bien tous les deux qu'elle ferait n'importe quoi pour que l'on se retrouve.

Gerhard vient d'acquérir son passeport pour la liberté. Il va pouvoir jouir de sa nouvelle vie de gitan : ses nouvelles chaussures lui vont à merveille, même si elles ne sont pas très jolies. Il viendra un jour ou on ira ensemble en acheter des neuves, et où je pourrais enfin lui enlever tous ces bandages réducteurs, un peu comme dans un rêve. Il a de plus en plus de valeur à mes yeux. Je commence sérieusement à m'y attacher. C'est une drôle de sensation. Il m'apprend à mieux le connaître progressivement, et ses cris déchirants me paraissent moins désagréables. Tout ce qui compte, c'est qu'ils restent déchirants, mais qu'ils soient beaux, qu'ils fassent battre les coeurs. Il en est capable, il peut y arriver. Ensemble on y arrivera.
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Mardi 6 novembre 2007
Mon champ de vision se trouve réduit. Quelle bizarrerie.

revolution.jpg
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Dimanche 14 octobre 2007
"Certaines possibilités sont peut-être gâchées, je viens de bouffer quelques opportunités de changement, pour dire un chiffre : trois. Mais ce personnage m'intrigue tant. Peut-être qu'il m'obsède. Je vais jusqu'à le trouver dans des coins de feuille de cours, ses traits capillaires caractéristiques le rendent immanquables. C'est étrange la  communication qui s'installe, langage codé de regards et de sens. Nous seuls avons les clés. De toute les façons, celui qui viendrait tenter de comprendre ne s'y intéresserait que peu. C'est un endroit déjanté dans lequel toutes les notions sont renversées, les jugements sont à l'opposé, les valeurs disloquées, tout est extraordinaire d'inhabituel, d'intérêt et de calculs incertains, beaucoup de choses sont belles.

Mais elles se sont envolées sur les places, dans les rues la nuit, pour cinq minutes de plus. Et ce n'est pas elles que je désire retrouver, même si c'est elles que je veux retrouver.

Le temps a changé, le froid et la brume déposent leur voile fin, comme un marchand de sable fermerait les paupières de bambins insolents. Je n'ose pas te croire, je redoute ton inconstance. Pourtant tu es là, tu me passionnes, c'est certain. Tu es ma voix, mon oreille à capter. Nos mondes semblent isomorphes comme des abeilles et des boîtes d'allumettes avec des pattes qui permettraient de les reconstruire toutes entières après le coup de vent passé, mais je n'ai pas très bien compris."

Moon.jpg
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Dimanche 7 octobre 2007
"Que suis-je devenu ? Immoral et dépassionné, trop fier d'avoir acquis quelque sensibilité. Qu'ils souffrent, les autres qui m'ont donné. Ils m'ont bannis de leur cercle vicieux, et c'est au tour du cercle lui-même de m'accueillir en ses cieux. L'homme ivre ne sait pas de quoi il parle. L'homme vivant préfère se cacher les yeux.
Oubli, oubli de ***, de tout.
Je parle au maître de toutes les clés qui s'en veut de ne pouvoir satisfaire tout son monde.
Sois gigantesque et grandis davantage. Je resterai petit, grandissant aussi pour t'admirer."

Perdus sous le coton, une nuit de samedi, on s'échoue sur la berge. On s'étale, anonymes, regard dans le vague, bouteille à la patte. On oublie qu'il fait froid et qu'on manque.
Perdus sous l'echo, une journée de dimanche, on marche dans l'herbe mouillée. On s'asseoit sur un banc. On ne veut pas savoir que le temps est limité, on a plein de choses à faire.
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Vendredi 5 octobre 2007
use-tango12.jpgGehrard va très mal. Je l'ai trouvé ce soir dans son étui, tout déglingué. Il me regardait tristement, des coups dans la chair, déçu et désolé de ne pas avoir pu me suivre. Il était nu et froid, les cheveux emmelés, le peigne accroché à leur extremité, pendouillant lamentablement. Sa balafre  et ses pansements passaient inaperçu au milieu du carnage. En fait, il a certainement très mal supporté le réveil, lui qui était endormi depuis des années. Il tremblait, le pauvre enfant. Il n'avait pas osé me le dire, que le temps l'avait lui aussi effrité, affaibli. Comment s'y faire, à l'horreur de penser que rien n'est immuable, et que même la plus grande des passions ne suffit jamais. Toute la consécration meurt, trouve ses limites, insupportables. Ton lit de velours bleu ne sera pas un tombeau Gehrard, on ira loin, on en apprendra de belles.
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Dimanche 30 septembre 2007
Depuis peu s'est ajoutée une nouvelle colonne, sur la droite. Ils débarquent, avec leurs excroissancesbizarres et leur infirmité, leur formalité, les monmostres. Leurs syllabes tantaculaires envahissent votre palais quand vous tentez en vain de les prononcer, et me rappellent à chaque fois les longues heures en C1 ou en C3 à les écrire, les apprendre, parler leur langue, et les maîtriser plus ou moins. Ils ont tous un sens, plus ou moins profond, ils établissent des mondes à part, des concepts entiers, ou résument à eux seuls des actions indéfinissables autrement. Certains, au contraire, manquent cruellement  d'emploi, car de nombreux synonymes moins effrayants ont été trouvés depuis, et  de cette manière ils sont effacés du langage courant pour passer derrière les murs de la spécialisation. Le rôle que je me suis attribué est de les ranimer, en les exposant, comme dans une vitrine, pour qu'ils soient connus d'autres lèvres, où pour le moins que leur existance soit soupçonnée. Ils sont longs ou courts, imprononçables parfois, bossus, diformes, ou limpides et plats, mais ont tous en commun d'être monstrueux, et c'est là toute leur puissance.
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Mardi 25 septembre 2007
Structure-du-r--el.JPGOn part du monde que l'on connait (le monde "réel").

Le monde "quotidien" est analysable intuitivement par les sens, même si on ne s'en donne qu'une idée pleine de trous et déformée par des masses d'aprioris et autres facteurs aliénants.

Le monde "proche" est analysable à l'aide d'outils, d'instruments de mesures (on répertorie l'infinité d'espèces animales vivant à la surface de notre peau, on joue avec des pommes comme Newton, on envoie des sondes sur les anneaux de Saturne).

Ces constatations imposent des axiomes (2+2=4 etc). On analyse ce "proche", on le modélise pour s'en faire la meilleure représentation possible, ça c'est la physique, et la mathématique euclidienne. A plus haut niveau de mathématiques, on se rend compte que ce que l'expérience nous offre n'est qu'un cas particulier d'une infinité de cas possibles, et on essaye d'imaginer ces cas possibles. Naturellement, ils sont irréalisables dans le monde qui nous entoure, car ils ne respectent pas la géométrie euclidienne. Toutefois, ils sont cohérents, logiques, car ils sont la généralisation des cas particuliers. Ca fait des structures géantes, avec plein de propriétés toutes reliées les unes aux autres, qui fait qu'a la fin tout est lié, sans défaut, ou presque. Le plus intéressant, c'est de repérer les limites et les failles, de les titiller jusqu'à ce qu'on les comprenne, qu'on les démantelle. Avec ces structures irréelles, inimaginables et irreprésentable, on arrive à retrouver les axiomes de base et à confirmer qu'ils étaient bien logiques, que le système entier est cohérent. Et c'est merveilleux. Et l'effet se boucle : ces structures créent de nouvelles bulles d'axiomes.

Au comble du comble, on se rend compte que les structures irréalisables sont finalement susceptibles de se réaliser dans des univers lointains, comme le confin de l'univers ou le moins que microscopique par exemple. Ces lieux inaccessibles seraient susceptibles de posséder des structures bizarres, qui ne respectent pas la géométrie euclidienne. Puisqu'on ne peut pas les étudier à l'aide d'instruments de mesure qui on des limites physiques, on extrapole, on suppose, mais l'important, c'est qu'on ait découvert qu'ils n'ont pas forcément la même forme que l'existance telle qu'on l'expérimente chaque jour.


En bref, en plus de construire le cerveau, à force de lui apprendre à envisager toutes les solutions en même temps pour un problème donné, de lui apprendre également à calculer plusieurs coups à l'avance avant de jouer, les mathématiques, comme la philosophie, est une discipline prospective, et presque utile.




Edit :

De la méfiance quant à ces affirmations : Premièrement je suis loin d'être spécialiste, je ne suis ni matheux ni philosophe. De plus, c'est une vision très idéalisée des choses. Rien ne s'est construit de cette manière, historiquement, rien ne marche comme ça en réalité. Mais bon, à force de tout vouloir modéliser, ça a pour seul intérêt de pouvoir donner des idées, peut-être.

Surtout dites moi quand je me trompe !


De la funk dans les axiomes (et par là un exemple d'axiomes):

Les axiomes de Peano pour construire l'ensemble des entier naturels :

"1) Zéro est un nombre
2) Le successeur immédiat d'un nombre est un nombre
3) Zéro n'est pas le successeur immédiat d'un nombre
4) Il n'existe pas deux nombres distincts possédant le même successeur immédiat
5) Toute propriété appartenant à Zéro et au successeur immédiat de tout nombre possédant cette même propriété appartient à tous les nombres"

On aurait pu dire :

"1) Bidule-truc est un Machin-chouette
2) Le Schtroumf d'un Machin-chouette est un Machin-chouette
3) Bidule-truc n'est pas le Schtroumf d'un Machin-chouette
4) Il n'existe pas deux Machin-chouette distincts possédant le même Schtroumf
5) Toute propriété appartenant à Bidule-truc et au Schtroumf de tout Machin-chouette possédant cette même propriété appartient à tous les Machin-chouette"


Et le lien qui va avec les exemples d'applications :

http://perso.orange.fr/fabien.besnard/vulg/tout/exemple%20de%20systeme%20d'axiomes%20-%20la%20theorie%20des%20plans%20de%20table.html


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Vendredi 14 septembre 2007
horizon.JPGC'est finalement assez rare de se voir un peu progresser. Depuis que Gerhard est a pris congé, à cause de sa maladie dont il ne semble pas guérir, et que mon pouce fonctionne à nouveau, j'ai pu passer un peu de bon temps avec Lise. Quelle adorable sensation que de la sentir consentante, mes mains filent les notes comme du coton. Et puis nous sommes d'accord, en 7ième et en 6ième, ce qui est un atout majeur pour notre délectable union. Tout se passe dans l'harmonie. Je la dorlotte, elle me chuchotte aux tympans des effleurements, de haut en bas et de bas en haut, légers allers et retours qui ont une odeur d'épices indiens, ou alors de caramel, parfois de rouille d'hiver. Elle me parle maintenant dans de nombreuses langues, depuis qu'on étudie ensemble les recoins écartés des ondes. De l'argentin au jamaicain, de l'américain au portugais, de l'hispanisant phrygien au plus mélodieux des petits swings, on ne s'arrête plus de communiquer. Nos corps déjà entrelacés, on se serre encore, jusqu'à avoir les mains prises de contractions difficiles à contrôler. Mais c'est tellement bien, mon seul, mon véritable amour.
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Mercredi 5 septembre 2007
P1010798.JPG"Si le destin pouvait réunir plus souvent ce genre de moments. L'esprit de colonie de vacances et la simplicité. De la joie, à l'état pur. Il me semble que j'ai même oublié ma self-torture favorite. J'ose penser que nos petits jeux ne sont pas vains, si bizarre que cela puisse paraître. Nous n'avons rien à voir, nous sommes si éloignés tant par la distance que par la situation diplomatiquement délicate. Je n'ose toujours pas faire l'ultime pas mais qu'est-ce qui m'en empêche [toi] ? Je m'étais juré de ne penser qu'à moi-même, mais j'ai tout de même peur des conséquences. Il est si facile de parler. On a l'air de deux êtres perdus dans l'espace [seuls, et ce besoin de tendresse]. Ca doit être le Rioussat qui monte un peu. Cette fois j'ai réellement l'impression d'avoir changé de monde, et on a tous changé. Du tango ?

J'ai hate de connaître la réponse.

Le crin s'est décroché, et c'est maintenant que je me rends compte combien la diversité est importante pour moi. Les airs langoureux viennent, le jazz aussi.

J'aimerais que tu montes me voir maintenant [...]. Mes jambes me rappellent encore nos contacts discrets et soit-disant innocents. Et parler aussi.

Que l'on m'en apprenne. C'est si bon de se découvrir sans crainte.
*Put some flowers in your hair*
Etoiles étoiles...
Plus rien n'a le même sens maintenant.


Edit : Rien ne dure, ce serait trop facile."


Bons moments quand même, assez peu de regrets. Bilan généralement positif. Semaine de lumières, j'ai avancé pour une fois.
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Mercredi 29 août 2007
"Tes yeux. Immenses. Ton regard doux et patient où brûle ce feu qui te consume. Où sans relâche la nuit meurtrit ta lumière. Dans l'âtre, le feu qui ronfle, et toi, appuyée de l'épaule contre le manteau de la cheminée. A tes pieds, ce chien au regard vif et si souvent levé vers toi. Dehors, la neige et la brume. Le cauchemar des hivers. De leur nuit interminable. La route impraticable, et fréquemment, tu songes à un départ, une vie autre, à l'infini des chemins. Ta morne existence dans ce village. Ta solitude. Ces secondes indéfiniment distendues quand tu vacilles à la limite du supportable. Tes mots noués dans ta gorge. A chaque printemps, cet appel, cet élan, ta force enfin revenue. La route neuve et qui brille. Ce point si souvent scruté où elle coupe l'horizon. Mais à quoi bon partir. Toute fuite est vaine et tu le sais. Les longues heures spacieuses, toujours trop courtes, où tu vas et viens en toi, attentive, anxieuse, fouaillée par les questions qui alimentent ton incessant soliloque. Nul pour t'écouter, te comprendre, t'accompagner. Partir, partir, laisser tomber les chaînes, mais ce qui ronge, comment s'en défaire ? Au fond de toi, cette plainte, ce cri rauque qui est allé s'amplifiant, mais que tu réprimais, refusais, niais, et qui au fil de jours, au fil des ans, a fini par t'étouffer. La nuit interminable des hivers. Tu sombrais. Te laissais vaincre. Admettais que la vie ne pourrait renaître. A jamais les routes interdites, enfouies, perdues. Mais ces instants que je voudrais revivre avec toi, ces instants où tu lâchais les amarres, te livrais éperdument à la flamme, où tu laissais s'épanouir ce qui te poussait à t'aventurer toujours plus loin, te maintenait les yeux ouverts face à l'inconnu. Tu n'aurais osé le reconnaître, mais à maintes reprises, il est certain que l'immense et l'amour ont déferlé sur tes terres. Puis comme un coup qui t'aurait brisé la nuque, ce brutal retour au quotidien, à la solitude, à la nuit qui n'en finissait pas. Effondrée, hagarde. Incapable de reprendre pied.
   Te ressusciter. Te recréer. Te dire au fil des ans et des hivers avec cette lumière qui te portait, mais qui un jour, pour ton malheur et le mien, s'est déchirée."

Charles Juliet - Lambeaux

Comme j'étais fan. Comme ce temps a disparu.
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Mardi 14 août 2007
Gerhard, tu es le petit dernier dans la famille. Après un calvaire, à surveiller malgré toi les gens aux toilettes, comme un pervers passif, tu étais finalement condamné au placard en deuxième punition, les lèvres sous ruban adhésif. On t'avait donné du fil de pêche pour recoudre tes blessures, et ça t'avait tant détendu. Partout des contusions sur ton petit corps boisé, tatoué et désétiqueté, tu es le vieil enfant maltraité, oublié. Enfermé dans le serpent, contre le velour bleuté et poussiéreux, je t'ai  ramassé, je t'ai soigné avec l'aide de quelques amis bienveillants. Et pour la première fois depuis quarante ans, tu fais entendre ta voix, un peu erraillée, un peu stridente. Mais elle est forte, chaude, sauvage, et rien ne saurait l'arrêter. Tu m'as raconté que ta famille, disparue, habitait à Mittenwald, puis à Rouen. Tu as fait tes études à Paris. Après la guerre, on t'a un peu oublié, tu es passé de mains en mains, jusqu'à l'abandon total. Tu es resté là, pour m'attendre, comme un don du ciel. Et je t'ai accepté, en fils adoptif.
1128824408mod.jpg
Je ne te connais pas encore, Gerhard. J'ai grand besoin de t'apprivoiser, te peindre. Tu sens si bon. C'est à toi de m'apprendre ce qu'il me manque pour te savoir, pour tout savoir.

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Mercredi 1 août 2007
picasso.JPG"Paradoxes dans la perception...

On ne voit rien à ce qui nous entoure, et c'est au sens propre. Notre vue n'est qu'un indice de l'extérieur. En effet, physiquement, la vue ne capte qu'une infime partie des données.
 
Une premiere chose à prendre en compte est que ce que nous voyons dépend de l'orientation des yeux, et que se crée dans notre tête, au fur et a mesure que les yeux naviguent et explorent le monde, une carte du "vu" et du "pas vu". On voit quelque chose à un instant précis, c'est imprimé plus ou moins profondément dans la mémoire. L'instant d'après on tourne les globes oculaires et on voit autre chose. Tout ce qui est en dehors du champ de vision est par définition non vu, et laisse une trace noire sur la carte du "vu". Ca c'est la vision de Merleau-Ponty dans L'Oeil et l'Esprit (my master).
 
Il y a autre chose : nos cristallins sont des lentilles convergeantes, et comme on l'a étudié en physique spé au lycée du Parc, ça projette une image renversé sur la rétine. On voit à l'envers ! On n'a jamais vu à l'endroit. Mais pour voir à l'endroit ça ne sert à rien de faire le poirier, il n'y a pas de solution on est fait comme ça. De toute façon le cerveau renverse l'image pour nous, mais j'aurais tendance à dire qu'il calcule et que donc du coup l'image n'est pas authentique... Essayez de faire le processus inverse de renversement dans votre tête, et vous toucherez une limite de l'esprit (ça donne la gerbe un peu, ça doit être ça le maximum cogitabile).
 
Encore autre chose pour compléter mon délire mental de la journée : la lumière captée par le cristallin vient toucher des petits cones pour la couleur et des petits batonnets pour l'instensité. Tout ça est codé chimiquement par le nerf optique, et de synapse en synapse (un bon millier peut-être plus, je ne suis pas biologiste) tout est transmis à notre cervelle bouillante. Comment ça des signaux chimiques ? Ce qu'on est conscient de voir, la couleur et tout ça, c'est un décodage de signaux chimique ! Notre cerveau ne voit pas la couleur il l'imagine, l'invente, et cela uniquement dans le but que l'on puisse s'orienter dans le monde extérieur... C'est très fort. Mais on ne "voit" rien du monde réellement. On l'imagine. Le réel est créé par nous, et chacun imagine le sien différent et personnel certainement.
 
Ca peut expliquer des choses, des paradoxes : la matière est consituée de vide à 99.9%, mais nous on la voit belle et bien pleine... Les cones et les batonnets manquent de précision, sans compter la mise au point du cristallin (parfois mauvaises chez certaines personnes, c'est pour cela que l'on utilise les lunettes) sans compter non plus les pertes de paquets en cours de route du nerf optique. On ne voit pas au delà du dixieme de millimètre, et il y en a des choses en dessous de ce seuil (un milliard de milliard de milliard de fois la population humaine de la Terre en bactéries, et tout ce vide intersticiel entre les molécules). On ne voit pas non plus la majorité des ondes de couleur. On doit en voir un peu moins d'un petit pourcent...
 
Et pourtant ! C'est le sens que l'on utilise le plus pour se repérer, pour vivre et dont il est difficile (mais possible) de se passer... Fermez les yeux cinq minutes. Et non pas de mystère, vous ne serez pas déconnectés du monde plus que d'habitude, à moins d'avoir très sommeil ou d'une énorme concentration mentale pour isoler aussi le toucher et l'ouie autrement plus important.
 
Mais en même temps ces sens qui ne sont qu'un indice de l'extérieur sont le seul lien entre l'esprit et la matière. L'esprit est ancré dans la matière par les racine qu'il déploie dans les sens, comme des petites tantacules pour percevoir le matériel. Et en même temps ces tentacules utilisent le matériel pour toucher et voir (les yeux, les mains et les nerfs, le cerveau sont bien matériels). Sans sens, on ne perçoit plus rien, ni temps ni espace. On meurt sans sens. Ca aussi ça donne mal à la tete, encore du maximum cogitabile...
Ce que dit Merleau-Ponty à ce sujet est très intéressant : le fait de percevoir son propre corps augmente l'ancrage de l'esprit à la réalité. Si un subtil subterfuge qui nous empechait de nous voir nous même (pas forcément dans un miroir, la vue en plongée qui s'offre à nous suffit. Ceci dit se voir dans un miroir nous ancre encore davantage...) de nous sentir, de nous toucher, de savoir que l'on appartient bien à une envelloppe charnelle, on ne serait plus tout à fait vivant et encore moins humain. On est humain car on se voit voyant, on se touche touchant, on se sent sentant...
 
[Lorsqu'on s'endort, on à l'impression, peut-être fondée, de s'éloigner de la réalité. En effet, dans l'esprit on semble avoir deux parties : l'entendement (hémisphère droit) et l'imagination (hémisphère gauche). C'est ce que pense Kant. En temps normal, en état d'éveil, l'entendement règle l'infinie volonté de l'imagination, qui veut tout penser tout imaginer mais de manière désordonnée. Elle sert de donnée à organiser pour l'entendement. Elle est indispensable, un entendement sans donnée ne peut rien analyser. Ces deux hémisphères sont reliés chacun, comme par des petites tentacules, aux 5 sens. L'entendement en analysant les sens donne les repère spaciaux et temporels indispensables à notre bon fonctinonnement interne. Il mémorise aussi des choses vues senties, qu'il archive ou non. La partie imaginative et combinatoire délire de son coté sur les choses vues et senties, les combine les assemble n'importe comment. L'entendement les extraira parfois : c'est la création combinatoire.
Quand à la chose qui fait qu'on est, elle est placée en clé de voute, liée à presque 100% entre l'entendement et l'imagination.
Le sommeil c'est quoi ? C'est lorsque l'entendement se met en veille et ne laisse fonctionner qu'une partie de lui. Il n'est plus relié aux sens comme avant, juste un peu pour pouvoir se réveiller pour que l'Etre puisse le réveiller. L'imagination, elle reste presque totalement en éveil et capte les sens, et fait le délire des rêves pendant le sommeil paradoxal, parfois mémorisés et enregistrés par un entendement trop réveillé, parfois oubliés par un entendement endormi. Pendant les phases ou le sommeil est profond, on ne rêve pas et même l'imagination est endormie, mais cette phase ne représente qu'une heure par nuit.
Le défaut de mémoire nous tire de la réalité. Peut-être que la mort serait l'arrêt total de la mémoire ou des sens (et par là l'arrêt de l'entendement). Un entendement mort peut reposer dans un corps vivant. Mais l'esprit lui ne meurt jamais. Parfois l'entendement repart après un long coma, car le coeur lui ne s'était pas arrêté, et que l'esprit a "décidé" de le faire repartir (peut-être que décidé n'est pas approprié... à creuser)]

 

Tout ces sens et cet entendement réflexif pour nous lier à l'extérieur. Et en même temps on ne capte qu'une partie infime de ce qui nous entoure. C'est peut-être une des raisons pour laquelle on n'y comprend rien : questions de l'ontologie sans réponses, que l'on définit par Dieu pour trouver une raison à l'incompris, l'inconnu, la cause première cause d'elle même.
On est prisonnier de notre incapacité à capter l'essence comme la définit Platon.
On est par rapport à Dieu comme les machines sont par rapport à nous : elles n'ont pas accès au sens et à leur utilité. Nous n'avons pas accès à notre utilité, ni au grand sens de tout ça..."




La partie entre crochets est évidemment à recommencer, depuis le temps j'ai quand même évolué. Il y en a également à revoir dans le reste, je m'y attelerai (peut-être) d'ici bientôt.
par Glutte publié dans : Petites cases communauté : Communauté des Passionné(e)s
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Lundi 16 juillet 2007

 

 


Nostalgique ?
par Glutte publié dans : Petites cases
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Jeudi 12 juillet 2007
"Pour toi

Pour toi j'ai mal aux doigts...
En ton nom je fais vibrer sous mes mains imparfaites
Les cordes des sentiments purs et langoureux
La colère et l'humour liés ici ensemble
Le désir et l'amour encore enlacés comme une sarabande
Se laisser guider au chant des sirènes
Flotter sous le souffle du divin vent inspirateur
Et pour toi j'ai mal aux doigts...
Les cordes s'agitent, se tordent et frétillent sous les pressions enchainées
Leur pincements comme des pincement au coeur
Le coeur engourdit par les nuances mais transpirant de douleur et ouvert à la lumière
L'euphorie et la passion mêlés dans le tumultueux effort impersonnel
Caprice de soi face à l'instrument torturé et hurlant
Pour exprimer ce qu'il y a perché au profond des abysses de la moelle du joueur
Le joueur qui s'émerveille de la puissance provocatrice du bois bleu-vert...
 
Encore une fois, et pour toi je me brûle les doigts
Le goût de l'étain et du fer, les phalanges sautillantes sur les frets usées
Les goutelettes de sueur et le sang sur le manche
Il est l'heure de la transe
Encore une fois, et pour toi musique j'ai mal aux doigts..."



Et comme les souvenirs vont de paire, voilà le deuxième
par Glutte publié dans : Petites cases
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Jeudi 12 juillet 2007
"Rêverie... Sensation

Plus tard je voyagerai tout autour du monde pour connaître chaque recoin, chaque parcelle de la planète...
Je cueillerai les tous idéaux, les pensées, les destins, la culture... Et je mettrai tout ce que j'ai trouvé dans dans ma musique...
Les fleurs s'épanouiront au son de la danse des harmoniques sifflées au doigt du guitariste
Quelques pincements de cordes...
Je volerai avec toi aux cîmes des hautes montagnes étincelantes
Les avalanches n'enseveliront plus la végétation, gorgée de soleil
Les étoiles nous prêteront leur sympathie, et chaque branche sera pour nous un nid
Lorsque le crépuscule tarde à paraître...
Le vent nous portera jusqu'au croissant clair là-haut perché.
 
Je n'arrive plus à travailler.
J'écris du vide
Sur la feuille blanche
Et reste là rêveur...
Je n'irais pas sur l'ordinateur ce soir... Pas d'envie.
Rien ne me ferait plus plaisir que de rester ici sur cette chaise inerte, à mon bureau, ébloui par la lampe...
Et de sentir dans mon cou ces levres familières
Ma main se laisse guider par le souffle et je ferme les yeux...
L'eau fraîche et la candeur coulent dans tes veines ingénues
Petite coccinelle de l'hiver qui a fait mon printemps.
L'euphorie qui monte plisse mes paupières mi-closes...
Mélancolie doucement perlée...
Les roses roses et les doux bons bonbons sucrés au palais des papilles...
L'encre bleue coule et a le goût de tendresse et de bonheur ce soir..."



Qu'ajouter... Enlever quelques points de suspension, bien évidement. Mais quelle joie de retrouver cette petite chose, et ce qui va avec, en le prenant pour pris et vécu, rien d'autre.
par Glutte publié dans : Petites cases communauté : Communauté des Passionné(e)s
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Vendredi 6 juillet 2007
"Une petite feuille qui tombe


Comme une feuille de hêtre à la bise d'automne
Je flane dans les courants et méandres de l'air
Une poussée verticale, un souffle et je m'élève sans crainte
Tout en tournoyant je goûte aux joies de l'insouciante légèreté
La douce humidité, les couleurs ocres et rousses enchantent mes yeux
Cette bruine fine glisse le long de mes nervures déployées
La brume légère enveloppe toute cette vie ralentie
La mort guette, plus bas au sol brun
Je me laisse mener par cet air humide
Inlassablement je m'élève pour retomber chaque fois plus bas
Et je tombe... Et je tombe...
Une chute lente, tounoyante, étourdissante...
Et ce sentiment d'euphorie m'envahit... Tout oublier...
Oublier le malheur, oublier l'incandescance diabolique qui jadis m'entoura
Je suis entrainé... Peu m'importe maintenant, je suis heureux
Douce mélancolie... Je t'appartiens
Le sol est si proche... Plus que quelques virages
Quelle importance... Je suis entrainé... Lentement
Langueur infinie... Immortalité éphémère de la feuille de hêtre
Dans l'air glacé, humide...
Je frissone...
C'est la fin.
La fin.
La fin terrible que tout le monde redoute si longtemps.
La mort.
L'ultime souffle.
Le dernier soupire est proche... Aussi proche que ce sol...
La fin.
Mais je me sens bien.
Je suis pris dans ce bonheur en spirale...
Et je touche le sol.
Mais ce n'est pas la fin pour moi.
J'ai encore le temps
J'ai l'éternité...
Mes cellules se décomposent dans l'humus brun
Mais je suis toujours là
Constant
Unique
Et fort
Prêt à continuer
Encore et toujours
Pour l'amour de mes amis, de mes amies, de mes compagnons
De ceux qui m'aiment et que j'aime...
Pour les vrais gens bien
J'ai l'éternité
Il est l'heure de partir... De continuer...
Continuer d'exister... Vibrer un instant de plus encore...
 
 
Encore...
 
 
Encore...
 
 
 
 
Pour l'éternité..."
 
 
 

Je colle rarement deux souvenirs à la suite, mais là je crois que j'ai eu un coup de coeur.
 
par Glutte publié dans : Petites cases communauté : Les Enfants des Muses
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