Dimanche 2 décembre 2007
Du dominé au
dominant : angélique ou non.Sans cesse j'analyse méticuleusement ce qui m'entoure, caché derrière mes lunettes rondes. Ce gars là est un type réellement intéressant. On parle de choses capitale pour une fois. Lui aussi aura tout compris un jour ou l'autre, du moins il s'approchera de ça. Il est très intelligent et contrairement à d'autres, ça ne me fait pas peur, puisqu'il semble avoir bon fond. Mais cette fois, il ne m'a pas capté.
Ai-je tort de me craindre ? Je viens de découvrir la perversité de mon esprit. J'ai un terrible goût de la possession, du contrôle absolu de tout ce qui m'entoure, par n'importe quel moyen. Ce qui ne m'appartient pas m'offusque. Que j'aime jouer Dieu, me croire être le nombril.
Un de mes plus grand rêves est de tenir en joue mon pire cauchemard, et qu'il tremble sous le poids de la puissance contre laquelle il ne peut faire face. Je veux qu'il soit mon pantin, qu'il me supplie de l'épargner -tout ce que je mérite c'est que ça m'arrive à mon tour - et je l'épargnerai. Du moins je l'espère. J'espère ne pas être assez con au point d'oser faire justice. Ce fantasme de puissance m'anime. Il me répugne aussi. J'aimerais réellement savoir si il est permis d'accéder à de tels extrema, si c'est de bonne foi, et dans le respect d'une certaine éthique.
Tellement bon de savoir qu'une légère pression du doigt entraînera la destruction de milliards d'années de combinaisons, savoir aussi qu'on a le pouvoir de ne pas commettre.
A côté de ça, j'aime la bouffe, les histoires, la vie, les amis, les sens. Mais où sont les limites ?
par Glutte
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Petites cases
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"Il avait pris du papier Canson noir, et avec un
fusain il avait dessiné Armstrong, avec la trompette. Il aimait aussi beaucoup Chet Baker, il dessinait bien. Il y en avait partout dans sa chambre à Sanary. Depuis on a tout balancé. Le Jazz,
c'était son truc... Tout le monde lui demandait pourquoi il en écoutait autant, personne n'arrivait à comprendre, jamais. Il était le seul de la bande à en écouter. Il était fondu de Jazz.

Gehrard va très mal. Je l'ai trouvé ce soir dans son étui, tout déglingué. Il me regardait tristement, des coups dans la chair, déçu et désolé de ne
pas avoir pu me suivre. Il était nu et froid, les cheveux emmelés, le peigne accroché à leur extremité, pendouillant lamentablement. Sa balafre et ses pansements passaient inaperçu au milieu
du carnage. En fait, il a certainement très mal supporté le réveil, lui qui était endormi depuis des années. Il tremblait, le pauvre enfant. Il n'avait pas osé me le dire, que le temps l'avait lui
aussi effrité, affaibli. Comment s'y faire, à l'horreur de penser que rien n'est immuable, et que même la plus grande des passions ne suffit jamais. Toute la consécration meurt, trouve ses limites,
insupportables. Ton lit de velours bleu ne sera pas un tombeau Gehrard, on ira loin, on en apprendra de belles.




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