Mercredi 5 décembre 2007
Ce qui a mis douze ans. Ce qui mettra cent ans.
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Samedi 1 décembre 2007
Quand je me fais sourd, tout se fait coton. C'est un coton imbibé d'opium, il m'endort doucement. Il me rend fort, me fait détester, rejeter les fautes, hurler à l'injustice qui m'a été faite, silencieusement, dans un songe agité mais toujours nocturne. Je me sais ou me crois légitime, en bon droit. Personne ne connaît la haine que j'accumule et ressasse sans cesse, si bien qu'elle me ronge, prisonnière de mon crâne, qui s'efforce de l'inhiber avec du désherbant, toujours aussi faible face à elle. Cela me permet de vivre de bons moments, en mettant la merde dans un coffre fort d'os et de nerfs, bien fermé à double tour par une clé de sol. C'est si rare de l'ouvrir. C'est si mal, et si mauvais pour tous et pour moi. Alors je ne le fais presque jamais. Mais de temps en temps, on me vole ma clé, et on vient pour creuser mon secret. Alors elle éclate à la figure des profanateurs et des innocents, pour le mal absolu et l'apocalypse sur terre.
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Jeudi 29 novembre 2007
rideau.JPGD'un regard accusateur, je clame une longue plainte. On nous laisse bel et bien le choix, c'est merveilleux. J'ai bien le droit de tout visiter tout voir, tout expérimenter. On me permet de faire des milliards d'activités à longueur de temps. On m'encourage à sortir le plus possible, c'est bon pour la santé il paraît. Parler, c'est indispensable. Respirer aussi, c'est très important. Je peux faire de la guitare, du violon, du théâtre, aller au cinéma, dormir chez les autres, apprendre des pages d'accords, de dates, de vagues notions de grammaire anglaise, lire aussi vite Chateaubrilland que Tango, apprendre à danser, aller en pub, en boîte, au ski, faire du sport, voir mes personnages préférés en taille réelle.
Oui j'ai le droit ! La nuit, pas le jour ! Même pas le sacré week-end. Sans dormir, sans me laver, sans regarder, à toute vitesse. Si je dépasse d'une seconde, on m'accuse de ne plus participer, on m'accuse d'avoir oublié le plus important, c'est à dire mon BEL avenir.
Et surtout, on me rappelle mes "bons" moments, mes erreurs, mes impasses, mes complexes, mon petit moi de merde. Déjà cinq jours de liberté, ça ne pouvait pas durer. Et les gens importants ne sont pas là quand il faudrait. Ils ne peuvent pas l'être tout le temps.
Ah !
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Mardi 27 novembre 2007
Vraiment, oui, je n'espérais pas autant d'inspiration. J'irais même jusqu'à dire que je m'attendais vraiment au contraire. Mais un autre mot qu'"inspiration", que j'avais jusque là utilisé, me semble plus approprié à la situation : la contemplation. C'est une belle période de rendement, des journées très remplies, du bonheur de partout, de l'amour, une boule de feu sur le plexus solaire. En quelques jours s'offrent tout crus à moi un concerto avec le grand mécanicien Lang Lang, une interview de radiologues amateurs, une nuit planante et musicale, un dimanche fourni de grandes discussions philosophiques, un lundi plein de Oliver Wood, un mardi avec option théâtre. Le monde regorge de merveilles, et le sommeil trouve ses difficultés à me ralentir. Certainement qu'il y arrivera à l'usure, mais je ne suis pas pressé.
Un nouveau pied est sur le qui-vive, en place, prêt à sauter, courir, voler tout autour du monde, à tout prix tout dévorer ce qu'il m'offre si généreusement. Que j'aimerais pouvoir partager tout ça.

Merci à tout ceux qui se sentent remerciables, et qui savent combien je les aime.
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Lundi 26 novembre 2007
Peu de sommeil, beaucoup de coeur.
En me levant dimanche, j'avais peur. Maintenant, ça se tasse.
Place à un étrange sentiment. Je joue à qui à quoi, sans souci, juste une sorte d'anxiété, mais que pour une fois je parviens à réprimer, sans trop d'encombre. Ne garder que les meilleurs moments, et parler beaucoup, très tard passer la main à la déraison. Beaucoup de fatigue, par ces moments pleins. Et puis cette musique, dans mes veines, dans mon corps, elle est toujours là, elle. Que j'ai pu redouter cette journée, et finalement elle est insignifiante. Un samedi-dimanche plein de merveilles, le temps perdu d'un côté était tellement nécéssaire pour le salut. C'est encore un pas vers le rêve, et des attitudes exquises. On se donne nos codes, nos regards, nos paroles, nos significations, notre monde, et personne n'en sait quoi que ce soit. C'est dans des moments comme ceux-ci que je me dis que j'ai eu raison de me laisser guider, d'y croire, alors que dans d'autres, les regrets me courbent le dos. Il n'y a jamais de loi, toujours à dire.

Je n'aime pas quand on est en bande, juste quand notre petit clan est autour, mais pas l'ancien, désseché, détesté, répudié. Comme chez les Verdurin, le jabot est de mise, on se jette on se prend, et la grande a le pouvoir de décision sur les membres qui siègent à table.
Les oublier ces anti-sentiment, les oublier tous, et partir enfin, en gardant sous l'aile la carnassière intriguante.

C'est absurde.

Gauche se réveille : ça peut servir
Droite, offusquée : il faut continuer
Gauche, dépitée : yeah but it sucks
Droite, avec beaucoup de courage : c'est une étape
Gauche, toujours dépitée : marre des étapes
Droite, sans grande conviction : c'est constructif
Gauche, sèchement : c'est destructif
Droite : peut-être en fait.

le-sommeil-salvador-dali.jpg













Le sommeil - Salvador Dali















Heureux, ou plutôt euphorique. L'existance et ses retournements... Boisé et bananesque, définitivement.
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Jeudi 22 novembre 2007
Me voilà parvenu au 200ième article. L'échéance est proche, mais c'est comme si elle ne comptait plus rien. Les buts ont changés, les optiques aussi, le monde n'en parlons pas.
Depuis tout ce temps à flâner dans la région, par l'écriture et une somme non négligeable d'autres choses, j'ai pu gagner en expérience.

J'ai appris qu'un extremum était toujours un point critique si l'espace n'est pas fermé.

J'ai appris que la douleur s'oublie aussi vite que la plénitude.

J'ai appris que noircir des pages provoque des poussées d'adrénaline.

J'ai appris que connaître apprend à connaître.

J'ai appris que le temps était un placebo pour tenter de remplacer les fossés par d'autres cailloux.

J'ai appris à "jouer" du violon.

J'ai appris que changer d'apparence change tout.

J'ai appris que les choses intéressantes fuyaient le regard tout en ne demandant qu'à être poursuivies.

J'ai appris que tout était plus ou moins structurable.

J'ai appris que l'aliénation des choses et des gens est toujours source de grandes peurs, et que le monde entier est une constante aliénation.

J'ai appris à être frustré.

J'ai appris que notre monde partagé était plus à notre goût que le leur.

J'ai appris un nouveau sens du mot "aimer", parmis la montagne de sens qu'il possède déjà.

J'ai appris que l'habit ne fait pas le moine, mais que le moine fait bien des habits de moine.

J'ai appris à être lâche et vil, à être un raté ou un écraseur.

J'ai appris que des personnes ont tout compris, et que ses personnes fuient le regard en ne demandant qu'à être poursuivies.

J'ai appris la force du travail.

J'ai réalisé un bout de rêve.

J'ai appris la force de l'oubli.

J'ai appris que j'ai raté le moment où j'aurais dû apprendre ce que je devais être.

J'ai appris qu'il faut ajouter à toutes les règles qu'elles ne sont que probabilité d'être vraies.

J'ai réappris que les souvenirs sont davantage conservés dans les symboles que dans la mémoire.
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Lundi 19 novembre 2007
Ah flflflaflafla !
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Vendredi 16 novembre 2007
J'hésite à participer. J'ai l'impression que ça va encore me retomber dessus, puisque ça le doit un jour ou l'autre, de manière juste ou non. Parfois je me dis qu'il vaudrait mieux que je reste enfermé dans un grenier, à l'écart de tout le reste, pour me faire oublier quelque temps. A force de vouloir faire bien, me voilà contraint de défaire et de recommencer le manège. Il y a tout chez eux que je ne possède pas, et que je désire plus que tout au monde. Le pire c'est qu'ils ne s'en servent pas, bon sang. Que ça me fait mal. C'est comme s'ils avaient pris le chemin que j'ai manqué, et on me l'agite sous le nez, en me montrant qu'à leurs yeux, ça n'a que peu de valeur.

Je ne participe plus à rien, c'est un fait. Tout me fait peur. En moi cette force s'est absentée, lorsque l'on s'est absenté. C'est une chance que le rendement opère, que l'effet condensation porte ses fruits ce matin, alors que ça fait si longtemps qu'il a été chargé. Mais pour tout le reste, j'en viens à me dire que c'est mérité. Après tout, c'était ma faute.


...




Un peu de guitare, enfin, ça fait du bien. Mon jeu aux doigts se développe un peu plus, grâce à ma fidèle Aline, toujours là pour consolider mes efforts, depuis le début.
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Mercredi 14 novembre 2007
cure-pieds.jpgComment ne pas se sentir paralysé après trois jours comme ceux-ci ? C'est presque de la déshumanisation, être contraint de garder la ligne devant les yeux. Les sentiments sont étouffés, il est impossible de décongestionner. Pas de répit, pas de halte, rien n'est autorisé, et je suis loin d'être dans le pire il paraît. On ne peut plus parler, on se contente de rester dans le superficiel, à tenter en vain de lire sur le visage aliéné des autres ce qu'ils n'arrivent pas à exprimer non plus. Sans compter qu'on a le droit d'être rabaissé encore plus, c'est presque injuste.

Vivement que ces années passent, il me tarde de trouver autre chose.
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Mardi 13 novembre 2007
Quelle journée épuisante, une de plus. Il passe beaucoup d'heures qu'on compte lentement, la sueur au front, les orbites osseuses humides et veinulées, mais qu'on ne compte plus tant il en est passé. J'ai tout de même trouvé une raison qui me poussera à rester. Ce n'est pas une mission divine ni un amour qui me retiennent - ceux là tendraient plutôt à mon exil - c'est juste un intérêt, une attache, toute jeune, et qui n'a rien à voir avec les enseignements, ni avec mon propre avenir.

La barre tappe à chaque battement de coeur sur mon front,  depuis un mauvais coup de tête dans le placard. Alors que j'avais les mains dans la sauce, tournant en moi-même et pensant encore et encore à ce que l'on me force à penser, c'est à dire à des milliards de solutions sans problème posé. Mais aussi, outre les batailles sur le matelat de mes proches voisins, elle s'est éclipsée. Elle seule sait pendant combien de temps j'ai attendu ses pas dans le couloir. C'était sûr qu'elle reviendrait avec son habituel masque, mais qu'au fond, l'irrésolu ensommeillé venait juste de reprendre ses quartiers d'hiver. Le besoin est personnel de ne pas accepter que quelque chose puisse aller de travers chez quelqu'un de tel, même si je ne connais pas, même si je ne comprends rien, même si je ne comprendrai peut-être jamais tant je ne l'ai jamais vécu.

Je ne sais pas si elle a compris, si elle m'a accédé, si elle est venue lire tout ça. Il ne vaut peut-être mieux pas, je me sentirais si ridicule qu'elle sache à quel point je m'attache, et sans aucune arrière-pensée. En même temps c'est un risque que je prends en écrivant tout ici. Tiens, la voilà.
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Lundi 12 novembre 2007
Maintenant que je suis tout propret, en peignoir comme un petit vieux reclus, j'ai envie de constater quelque chose. J'ai rarement été autant excentré d'un projet auquel je participe. Rien ne me fait m'attacher à la classe dans laquelle je suis cette année. Tout d'abord on est trop nombreux, et les petits groupes sont déjà formés à l'avance. En outre, tout ce qui m'intéresse est à l'extérieur. C'est grave. J'ai l'impression d'être grave, de ne pas m'intéresser à ce qu'il faut, à trop penser à mes petits soins, mon petit moi, mon petit paradis échoué.

Tout ce que je voudrais c'est parler, savoir parler, et pouvoir parler. J'ai besoin de te parler. Il faut que je te dise ce que j'ai sur le coeur. Il faut que tu m'y invites, que tu me parles de toi, et je m'engouffrerai avidement dans cette brêche ouverte, pour lacher enfin ce qui occupe ma tête depuis des mois. J'ai très peur de ta réaction, car je sais que de tels mots sont toujours lourds de conséquences, et en même temps, ils n'ont pas à en avoir, car ce qui est dit est dit. J'aimerais aussi qu'ils te soignent, au moins pour une poignée de secondes, à défaut de pouvoir faire plus.

Je suis heureux d'avoir trouvé d'autres problèmes que ceux que j'avais eu l'habitude de fréquenter, car même s'ils sont toujours là, ils sont couverts par les nouveaux. Quand ces idiots soucis disparaîtront-ils ? Il faudra qu'on le décide. C'est en bonne voie, avec beaucoup de lenteur et de mesure. Mais toujours quelque part dort cette crainte, et ces secousses, plus rares certes, mais suffisantes pour que je me retrouve de temps à autre sur le bas-côté. La date fatidique approche, et mon étoile ne s'éclaire pas toutes les nuits. C'est une éternelle errance entre la lumière et les plus sombres abysses. Quelle puissance possède l'oubli, mais il reste bien insuffisant, car il ne règle rien. Il ne permet une reconstruction lente et douloureuse, la dernière alternative jamais exclue. Je me maudis chaque jour d'infliger de tels châtiments à ce qui m'entoure.

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Samedi 10 novembre 2007
L'épuisement famillier du samedi après-midi d'automne est senti, avec la récompense apaisante qui se fait attendre un peu plus, et qui je crains sera encore à moitié absente, ou ne sera même pas du tout, plus probablement. Je me suis fait beau, et je suis le seul à me voir aussi beau que ça, puisque personne ne va me verra aujourd'hui. Dès que je mettrai mon nez dehors, ce sera pour une petite demi-heure, déballer mon sac et "au revoir", comme si seules mes histoires comptaient. Que j'ai honte de croire des choses pareilles, on me donne tant de confiance. C'est de ma faute si je suis si indisponible, j'aurais dû pouvoir sortir encore plus, pour aller chercher la parole. C'est de ma faute si je me suis engagé sur ce chemin semé d'orties. C'est de ma faute si je suis obsédé par une seule idée fixe, et que je lui donne priorité absolue. C'est de ma faute si ceux qui s'ouvrent supportent mon absence. C'est de ma faute si j'ai un noeud dans la gorge à toute pensée qui me traverse, alors que je pourrais disposer du pouvoir de faire basculer la barque.

Un léger frisson parcourt mon dos. Je me demande quel est mon jeu, ça n'a rien à voir avec ce que j'ai été. Les enseignements que j'avais cru pouvoir tirer sont absents de ma démarche, et inutiles ou inefficaces lorsque j'ai la présence de les appliquer. Mes caprices me guident, ils espèrent que le mur ne sera qu'une illusion. Et toc, tut es sehr weh, nur ein ungesund Herzleid.

ll fait gris et humide, dommage, ça m'oblige à coucher du trop sombre. Si j'avais dit que le soleil balayait les surfaces rosées des facades de ses rayons flamboyants, ça aurait certainement apporté quelque crédit à mon palabre nauséabond.livre-br--l--.jpg ti_bug_fck
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Vendredi 9 novembre 2007
terre-battue.jpgLa vérité fait froid dans le dos et chaud aux joues n'est-ce pas ? Je déteste parler, malgré tout, car quelque part, ça fait du mal à tout le monde plus qu'autre chose. J'ose espérer que mon annonce aura suffi pour attiser votre soif de me connaître avant d'affirmer fermement. Peut-être aurez vous compris davantage mes comportements étrangers, cette fois. Mais je n'aime pas ça, toutefois il fallait peut-être m'y résoudre, pour mon plus grand désarroi, et la douleur de vous voir sérieusement peinés.

C'est certainement génétique, ces phases difficiles, dans lesquelles on n'a envie que de ce que l'on a pas, alors qu'auparavant on avait envie de tout sur terre comme ailleurs. La sensation d'avoir raté la porte est-elle éphémère, ou s'installera-t-elle tout au long de mon existance, pour devenir un véritable regret ? Que dois-je m'interdire ? Vaut-il mieux faire autre chose, et me convaincre que ce dont je fais partie est le meilleur des mondes, ou alors aller voir un peu plus loin et délaisser légèrement ce à quoi j'aurais dû être promis pour m'y replonger plus tard, en espérant être lassé de l'extérieur moins vert que prévu ?


Au moment même ou j'écris ces mots, la petite lueur fluette, sans questions, débarque. Elle a donc accédé à mes espoirs, et en quelques secondes, la situation change. C'est si rare ces derniers temps, et donc d'autant plus savoureux que de se sentir secouru en pleine chute libre. Je ne pourrai jamais être assez reconnaissant. Pas d'inconstance, pas de complication, pas de déception, tu es une fleur sucrée qui vient de s'ouvrir pour m'embaumer ce soir.
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Mercredi 7 novembre 2007
L'heure est aux projets. Comment l'insinuer ? Tu le capteras bien toute seule. Confessions entre rose et noir, mais c'est moi qui me confesse le plus. Qu'est-ce que je sais de toi ? Je ne connais que l'infime pellicule qui couvre la surface des photographies. Mais c'est bien toi qui m'a trouvé la première, pour une histoire de chaussures je crois. Etrange coïncidence.

Je me sens bon à rien, presque coupable. Comment peut-on subir de telles défaites ? Ca s'inscrit dans tout le reste de ma vie, tout le temps je regretterai. C'était facile et je n'en ai même pas été capable.

Cette impression me colle, que c'est une période sans productivité. Rien ne marche, rien ne marche, ça m'obsède. C'est donner pour quoi ? C'est chercher en vain, sans force et sans récompense. Une fois de plus.

Je ne veux pas y retourner, je veux que tout soit gagné. Je peux courir.




In addition :
Que j'aurais dû profiter de ton année d'égarement pour t'éclater, te descendre et te prendre de haut. Maintenant que je ne l'ai pas fait c'est toi qui me l'inflige, bien correctement, bien sournoisement, comme il y a trois ans. Le pardon n'aurait pas dû exister, tu seras toujours l'égale de toi-même. Pour cela je te hais, comme avant je t'ai haï, même si tu sais que je ne te hais pas profondément et que tu profiteras de ma clémence pour te décharger encore. Nom que tu portes mais que tu ne sembles pas connaître.
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Mercredi 7 novembre 2007
Place-Guichard.jpgAllons loin dans les ruelles drapées de nuit, marchons jusqu'à la marque que le destin nous avait fait miroiter. Etrange confirmation que présente cette adresse, si proche des souvenirs gâtés. Le monde est réellement minuscule, comme si on avait tenté de me faire rester dans le même cercle qu'avant. Mais ce fut un échec, dès le franchissement du pas de la porte, aucun remors, aucun souvenir n'est apparu. Se sentir un peu libre, ça n'a pas de prix, même si cela doit coûter crises et dégoût à d'autres instants. Et quel ne fut pas mon plaisir une fois que je les ai retrouvés, mes mates, mes amis, qui je crois et j'espère me permettront de me décrocher complètement de ce qui m'embourbe.

J'aime me gausser des tour qu'on me joue. Finalement je serai le plus diabolique. Même s'il est faible, mon blindage ne fait que s'épaissir sous les assauts violacés de fausse romance. Ce soir là, malgré les promesses, de ma part et des autres, on m'a bloqué le passage, une fois de plus. Un moche, parleur, un pigeon cadavérique ,j'aurais dû m'en douter. Le courant ne passe pas, tant pis. Une autre fois, ou jamais. Toutefois, je ne me sens pas mal, j'imagine accéder tout de même à quelque chose d'autre. Je n'ai pas à réclamer davantage, puisque l'on m'a pas mal donné, et je vous en remercie. A mon tour de donner.
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Lundi 5 novembre 2007
Il est difficile de s'extirper d'un tel passage. Tant de choses à faire. Les flux sont tendus de tous les côtés, quand ça n'est pas moi, c'est les autres, pour qui je me sens impuissant, en partie à cause de mon temps volé. Je ne sais pas ce qui est pire. Heureusement, il y a... et puis non. Toujours le mal être un peu enfoui, au détour d'une phrase, accompagné par ce qu'il y a dans mes oreilles, comme par coïncidence, ou peut-être pas. Toujours peur de briser par une simple poignée de mots tout ce qui se trouve autour de moi. Ce n'est pas ce type de rupture que je cherche.
Shaïte. Plutôt crever.
Et mardi... A quoi s'attendre ? Que dire, que faire ? Panique à bord. J'aimerais que ça se passe bien, que tout se résolve, absolument tout, et qu'il se pose d'autres problèmes, différents, histoire de ne pas se faire chier, car la fin des problèmes, je ne l'espère plus.

Et des questions, et des dilemmes. Ca craint, mais c'est la vie. J'en ai marre de me faire du mal. "I should follow you but I'd rather not, I could follow you but I'd rather I'd rather...".

Bitter, bitter, bitter. Fuck.

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Samedi 3 novembre 2007
Cette fois, c'est vraiment un autre monde. On a changé même si c'est pour passer d'une sphère à un cube, alors qu'une étoile m'aurait davantage chanté. On a déjà plus de branches. Quand les racines ?
Je ne suis pas mis au courant de tout, je le sais. Mais qu'importe, je crois qu'il vaut même mieux finalement, à toujours tout ignorer, il est bon de se cacher là dedans. Ca donne le temps de maîtriser le passé, et je le maîtriserai, je promets.

Cette complicité est discontinue, mais si traversante à chaque fois que nous sommes en phase. Toutefois je me fais un peu de souci depuis que tu m'as raccroché au nez. Enfin c'est la sensation que j'ai reçue en tout cas. C'est parce que je n'ai encore rien compris. J'ai peur de t'avoir abimée. Puisses-tu me pardonner.
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Jeudi 1 novembre 2007
goutte.jpgPréoccupant n'est-ce pas ? Un jour viendra ou je me le procurerai, puisque ça n'est pas autorisé. Il est la décision finale. C'est se prendre pour Dieu que de le posséder, ça m'excite. Place à la volonté, illimitée, la raison a été oubliée depuis bien longtemps. Mes doigts gantés glissent entre les plis de la poche intérieure texturée taffetas de ma veste, pour le chercher, ultime recours à toutes les situations habituellement douloureuses. Au contact du métal froid je frissonne, palpant chacune des arrêtes aiguisées du baril moleté. Il est au creux de ma main, mon pouvoir ne connaît plus de limite. Par la mort tout m'appartient, malgré les effets secondaires désagréables ou non. Je ferme les yeux et je menace, je fais chanter, en le pointant sur moi ou sur les autres le feu purificateur. Sous mes paupières, je dissimule la braise de mes pupilles, je fais peur. Et surtout, enfin, j'ai la possibilité d'appliquer la sentence irréfléchie, impulsionnelle, accidentelle, ravageuse, immédiate et irrévocable. Quelle puissance. Mais c'est parce que c'est irrévocable que ça reste une erreur.
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Jeudi 1 novembre 2007
J'aurais bien dit quelque chose, mais bon. Je préfère parler de mon "awesome" rapport de stage qui avance à grands pas, qui parle de mon aventure merveilleuse à l'usine de cet été. C'est long comme boulot, je ne sais pas quand je pourrais faire mes mathématiques (et ma physique, et ma SI ?). J'ai donc parlé de l'entreprise en général, en balançant un maximum de chiffres, les relations intra- et internationales, en ajoutant des cartes, des graphes, des organigrammes. Et puis j'ai décrit ce qui se fait sous le bâtiment 1, mais je n'ai pas encore fini. Je ne sais pas si j'aurai le temps de terminer tout ça en temps et en heure, puisque s'ajoutent d'autres contraintes sympathiques que je n'ai même pas encore osé regarder, comme des TD, TP, TIPE, pièces de Corneille ou autres. Et puis surtout il ne faut pas que j'oublie de penser à parler à M. Routault de cette histoire de stage et de...
On s'en fout.

C'est là que Proust dit que seule la vie intérieure compte. Il a raison. Il fait chier.

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Mercredi 31 octobre 2007
Quel timbre, quelle richesse, même si ça n'est que Gerhard. Il donne un son si tragique, avec beaucoup de noblesse, de la délicatesse, le plus boisé qui soit, même sur des airs apparement sans passion particulière. Il me semble indomptable, à ne jamais réagir comme je le veux. C'est lui qui décide, et cette fois il m'a ennivré sur une mélodie que je ne maîtrise même pas. Jamais Aline, ni même Lise n'auraient pu me procurer pareil plaisir. Avec violence il fouette, trépigne, oscille, tremble et fait grincer mes incisives. Et pourtant son corps est tout faible, en mauvaise santé. J'ai remarque que l'une de ses oreilles est plus décollée que l'autre, mal soigné, à toujours saigner des caprices du passage d'éternel sédentaire à la mobilité la plus totale. Il lamente et donne le ton à l'automne.
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