Mercredi 19 décembre 2007
Heureusement qu'elle est là cette musique, pour me rappeler que j'existe pour quelque chose. Comme un nuage d'encens, elle vient brûler mes tympans, avec son petit parfum
habituel et qui paraît toujours nouveau. Elle est douleur, mais ennivrante, elle donne la force sous-cutanée, directement puisée d'un écart si spécial entre deux battements de coeur. Je suis si
triste de m'assourdir, mais elle me fait oublier cette fin-là, pour un instant de légèreté. Au Sour Times, on associe une certaine Awesome Kind of Weirdness, tellement superficielle, qui dispense
de tout. On peut tout remettre en question pour ce qui est de mes biens acquis par la fureur, rien ne m'atteindra à la rate. Tant qu'on ne touche pas à ce bonheur là, il m'arrive d'être
invincible.
Des goutelettes cristalines s'épanchent sur le coin de leurs yeux. J'ai l'impression de les sentir sur l'arrière de ma langue, le long de ma trachée, à peine salées, si humaines. Elles sont
l'oeuvre d'art sacré, soufflées par la Grande Création. Leurs iris perdus contre les vitres âpres et rayées du métro m'emportent. Je plonge à corps perdu, clandestin visiteur de chacuns de leurs
grains de peau apparants. Un coup d'oeil sur les chaussures, et j'imagine une vie entière, un caractère, un timbre de voix, une merveille. Et le parfum qui plane, au dessus de tout, que mon
olfaction tente en vain de retrouver des jours après, entre deux feuilles d'eucalyptus du radiateur, j'aime cette sensation.
par Glutte
publié dans :
Décadence
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