Cette nuit, une de plus, je n'ai pas dormi. J'ai eu le droit à une de ces discussions désagréables avec mon ego. Je me rends compte que je me souviens de tout ce que j'ai vécu
de novembre 2005 à mars 2007, alors que je suis incapable de me rappeler distinctement ce qu'il s'est passé la semaine dernière. C'est plutôt désespérant. J'ai tant essayé de capturer ces bons
moments, j'ai tellement eu peur de les perdre qu'ils viennent pour me hanter aujourd'hui, des mois après les avoir finalement perdus. C'est une atrocité que de rouler dans sa tête de si bon
passages, ça assombrit vraiment le paysage déjà bien gris que de penser que l'on a perdu notre partage d'intimité. C'est cette intimité que je voudrais retrouver, mais c'est si impossible, un mur
de béton. On est tellement distants aujourd'hui, et c'est entièrement ma faute, même si le point de départ ne vient pas de moi. Ce désir, je l'ai de temps en temps, souvent avant de dormir, pendant
des heures, et le sommeil ne vient jamais, à force de dresser des plans de ce qui pourrait être fait pour changer tout ça, ce qui aurait pu être fait plus tôt, et toute l'inutilité de ces essais.
J'éprouve le désir ardent de te retrouver, et puis comme d'habitude il s'estompe un peu dès que je m'oblige à penser à autre chose, et je n'ai plus envie de mourir.
Je change de stratégie, je m'imagine débarquer demain quelque part et manger les oreilles de telle ou telle abandonnée, que je pense à tort l'être. Je l'espère me désirer dans un moment
d'égarement, alors que je sais pertinament que non, rien de tel n'est plausible. Le demi coma qui approche l'endormissement me pousse à de telles idioties. Je me représente ces situations
rocambolesques où nos corps s'étreignent, envers et contre tout le reste, sans aucune logique. Juste un fantasme. C'est ridicule.
J'en arrive à cette conclusion. Le coma m'envahit de plus en plus, et je me calme. Je pense à mon violon, mon petit Gerhard. Il va m'aider à affronter tout ça. Les gens m'admireront, les gens
m'aimeront alors que je ne maîtrise rien du tout, que je suis le plus raté des bonhommes, le plus détestable des penseurs. Je veux briller, être admiré, j'ai ce besoin écoeurant qu'on me porte de
l'attention, et par là acquérir quelque pouvoir. En réalité, ce vice me permet de cacher que tout ce que je veux, c'est donner tout mon être, toute mon âme jusqu'à la mort, à une personne qui
voudra bien partager, accepter cette charge. C'est lourd, c'est rare, mais ça existe puisque ça s'est déjà présenté à moi. Je ne crois pas qu'elle était l'unique. Il faut juste que se découvre la
prochaine, la nouvelle, et je serai calmé jusqu'à ce qu'elle me lâche elle aussi. Ou pas. Mais je crois qu'il faut cesser de rêver, ça a déjà fait pas mal de dégâts, je crois.
ug_fck
Répétition d'un Ballet - Edgar Degas
par Glutte
publié dans :
Valium
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Ps: en ce qui concerne ta nouvelle passion du violon ..(si je peux m'en référer à mon expérience de musicienne)...d conseils, d cours de profs...sont primordiales..si tu veux t'investir vraiment ds cette voix...seul, même le plus confirmé des musiciens à besoin d'avis extérieurs....bravo..et bonne continuation...