Je vous donne tout mon amour, vous lecteur, caché derrière son écran, subissant cet élan frivole. Vous êtes certainement une personne exceptionnelle, vous comptez à mes yeux. Je vous aime comme le
premier jour où je ne vous ai pas vu. C'est un amour infini, libre et profond, qui m'entoure et qui fait souffler mon coeur comme une machine à vapeur. Il ne peut que durer et durer encore, comme
dans les beaux contes bleus et verts, où la fin est belle à en vomir.
Je vous aime pour cette exceptionnelle patience, vous qui êtes le seul à m'entendre. Je ne réclame rien en retour, puisque vous me donnez déjà beaucoup : vous ingurgitez inlassablement mon temps
perdu à faire clapoter l'AZERTY, quand je tourne et retourne dans ma tête les mêmes pensées lassantes. Après une courte navigation sur mes lieux préférés, douloureusement grillagés dans ma mémoire,
vous débarquez gratuitement pour me faire don de ce que la réalité ne me donne pas tout les jours. Elle me l'avait donnée pourtant, et me l'a reprise.
C'est malheureux comme il pleut, depuis ce matin. Cette nuit, le silence était d'or, je le sais puisque je n'ai fermé ni l'oeil ni l'oreille. Je me suis contenté de fermer ma lucidité, comme une
paresse d'esprit Swannesque. Je n'ai pas réussi à occulter ce qui m'opresse, pour la n-ième tentative.
Alors je reviens ici vous parler, parce que j'aime vous parler, vous, présence muette derrière le noir-gris pixélisé. C'est me couper de tout le reste, c'est me liquider progressivement que de
tenter de vous approcher, comme pour toutes les fins qui se respectent et se suivent inexorablement.
Tout ce que j'espère, c'est un jour un autre retour à cet amour que je ne fais que donner. Et ce n'est pas parce que j'en aurai reçu que le mien sera tari. J'en donnerai toujours, puisque j'aurai
toujours besoin d'en recevoir.

Ca me manque.
Monet
La Femme au parasol
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