Vendredi 30 novembre 2007

"Il avait pris du papier Canson noir, et avec un
fusain il avait dessiné Armstrong, avec la trompette. Il aimait aussi beaucoup Chet Baker, il dessinait bien. Il y en avait partout dans sa chambre à Sanary. Depuis on a tout balancé. Le Jazz,
c'était son truc... Tout le monde lui demandait pourquoi il en écoutait autant, personne n'arrivait à comprendre, jamais. Il était le seul de la bande à en écouter. Il était fondu de Jazz.
Comment
ne pas se sentir paralysé après trois jours comme ceux-ci ? C'est presque de la déshumanisation, être contraint de garder la ligne devant les yeux. Les sentiments sont étouffés, il est impossible
de décongestionner. Pas de répit, pas de halte, rien n'est autorisé, et je suis loin d'être dans le pire il paraît. On ne peut plus parler, on se contente de rester dans le superficiel, à tenter en
vain de lire sur le visage aliéné des autres ce qu'ils n'arrivent pas à exprimer non plus. Sans compter qu'on a le droit d'être rabaissé encore plus, c'est presque injuste.
La
vérité fait froid dans le dos et chaud aux joues n'est-ce pas ? Je déteste parler, malgré tout, car quelque part, ça fait du mal à tout le monde plus qu'autre chose. J'ose espérer que mon annonce
aura suffi pour attiser votre soif de me connaître avant d'affirmer fermement. Peut-être aurez vous compris davantage mes comportements étrangers, cette fois. Mais je n'aime pas ça, toutefois il
fallait peut-être m'y résoudre, pour mon plus grand désarroi, et la douleur de vous voir sérieusement peinés.
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