Mercredi 31 octobre 2007
Quel timbre, quelle richesse, même si ça n'est que Gerhard. Il donne un son si tragique, avec beaucoup de noblesse, de la délicatesse, le plus boisé qui soit, même sur des airs
apparement sans passion particulière. Il me semble indomptable, à ne jamais réagir comme je le veux. C'est lui qui décide, et cette fois il m'a ennivré sur une mélodie que je ne maîtrise
même pas. Jamais Aline, ni même Lise n'auraient pu me procurer pareil plaisir. Avec violence il fouette, trépigne, oscille, tremble et fait grincer mes incisives. Et pourtant son corps est tout
faible, en mauvaise santé. J'ai remarque que l'une de ses oreilles est plus décollée que l'autre, mal soigné, à toujours saigner des caprices du passage d'éternel sédentaire à la mobilité la plus
totale. Il lamente et donne le ton à l'automne.
par Glutte
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Valium
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Tout
change, de l'atmosphère aux odeurs. Tout brunit, même le pain a goût de poivron. Le père est malade. Le ciel est pâle. On est le soir dès la fin du matin. Pas de rouages, ça glisse patiemment entre
les feuilles, planqués sous un tourbillon de lainages, les yeux plus verts qu'ailleurs. Les préoccupations sont différentes, la magie opère-t-elle ? A coups légers d'archet, je cours vers l'inconnu
total, incapable de savoir plus d'une heure à l'avance ce qui va se produire, oubliant davantage mes voleurs d'âmes. Comment pourrais-je savoir quelles sont les postures à adopter, en jouant le
quintuple jeu ? Le danger guette à ma porte, et je ne suis ni bien, ni mal là au chaud, juste une étonnante paix, couvrant le tumulte sous-jacent.
La pensée traverse de toute part. La paix pour une nuit s'est donnée, toujours toussotant, juste bien. C'est un peu passé maintenant que l'on m'a injecté les cinq heures
et demi de mathématiques du mardi, mais tout de même, je m'empresse, curieux à mourir, de connaître ce que l'avenir réserve. C'est un peu boisé comme sensation, je suis très fatigué, sous les
violons de Bruch, entassé là, face à moi-même. Il se crée comme un besoin d'ivresse et ses alcools fins. Liqueur et chocolat...

"...Gniark, oui maître, la solution est enfin prête. J'ai poussé le spectrophotomètre à 402 nanomètres, ça l'a un peu secoué mais ça ne fait rien, tout se passera comme prévu. Les rayons
traverseront tout, tout sera parfaitement absorbé. Promis, je ne mettrai pas les pattes dedans. Je voulais vous prévenir que deux subordonnés ont renversé du bouillon sur la paillasse, et que les
burettes pissent le rouge sang un peu partout, ça tâche nos feuilles et ça fait crever les poissons. Je suppose que vous saurez appliquer la sentence nécéssaire. J'ai testé un peu d'oxalique sur
une araignée, visiblement il était bien concentré, ça la faisait crépiter la pauvre petite."


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