La flemme, permanente,
installée, je crois que c'est une erreur. Ca m'intéresse, mais je ne m'y mets pas. Ca n'est pas ce que je voudrais. J'ai peur de tout briser, dans la lassitude. Tout est remis au lendemain, c'est
atroce. La seule chose qui me drogue, c'est de les voir. C'est tellement spécial, ces petits moments. Ils me donnent presque envie de m'y perdre. Enfoui sous mon écharpe historique, mon T-shirt
historique, je suis grippé, amolli, en n'osant pas penser que demain je subirai les conséquences de ces actes manqués, mais pire, je ne serai pas le seul à en profiter. Je m'en veux.
Depuis peu s'est ajoutée une nouvelle colonne, sur la droite. Ils débarquent, avec leurs excroissancesbizarres et leur infirmité, leur formalité, les monmostres. Leurs syllabes
tantaculaires envahissent votre palais quand vous tentez en vain de les prononcer, et me rappellent à chaque fois les longues heures en C1 ou en C3 à les écrire, les apprendre, parler leur langue,
et les maîtriser plus ou moins. Ils ont tous un sens, plus ou moins profond, ils établissent des mondes à part, des concepts entiers, ou résument à eux seuls des actions indéfinissables autrement.
Certains, au contraire, manquent cruellement d'emploi, car de nombreux synonymes moins effrayants ont été trouvés depuis, et de cette manière ils sont effacés du langage courant pour
passer derrière les murs de la spécialisation. Le rôle que je me suis attribué est de les ranimer, en les exposant, comme dans une vitrine, pour qu'ils soient connus d'autres lèvres, où pour le
moins que leur existance soit soupçonnée. Ils sont longs ou courts, imprononçables parfois, bossus, diformes, ou limpides et plats, mais ont tous en commun d'être monstrueux, et c'est là toute leur
puissance.
Pas de conseils, sauf quand c'est vraiment trop gros, ou
qu'on ne sait vraiment plus où aller. Ce n'est pas par avarice, loin de là. J'ai une explication à ce refus. Il y a plusieurs barrières. Les lois qu'on s'est fixées par expérience ne correspondent
pas forcément à la situation connue qu'en partie. Tout le monde peut se tromper en connaissant mal les termes du problème, et donner une solution complètement inadaptée. Mais le pire, dans le
conseil, c'est que même en admettant qu'il touche une situation identique que celle tirée de l'expérience, il peut très mal s'appliquer. Modéliser, se représenter un cas par expérience, ne veut pas
dire que la modélisation, même si elle est juste, fonctionnera à nouveau. La loi, c'est que la modélisation ne marche pas forcément. La Loi, c'est qu'il n'y a pas de loi. Et d'ailleurs, cette Loi
admet la boucle suivante : elle peut ne pas s'appliquer, et donc dans certains cas la modélisation fonctionne. Jusqu'à un certain moment.
Cette Loi vérifie le fait que toute la métaphysique ne pourra jamais devenir science à proprement parler. Sans exception. Mais il y en aura peut-être une, pour cette même histoire de boucle. Tout
arrive, rien n'est prévisible.
J'adore parler d'évidences, je dis de l'inutile, tant mieux ou tant pis, après tout. Je gerberai quand je relirai ça, rien de bien méchant.i_bug_fck
Vingt coups à l'horloge. Amazing day. Ce petit battement étrange, que l'on pourrait prendre pour régulier, dans le roulement mécanique du train. Il coule comme du sable,
inexorablement, en nous promettant fin des choses, mais pas fin de lui même. Il est une dimension spéciale, homogène ou non, peut-être quantifiée, peut-être continue. Il permet de passer d'un état
à un autre, brutalement, progressivement, qu'est-ce qu'on en sait ? Il rythme la mesure, qui devient rapidement toute distordue, selon comment on le sent, comme on s'ouvre à lui, selon notre état
de conscience et d'attention. Il n'est pas chiffre, il n'est pas aiguilles, il n'est pas matériel ni couleur. Il n'est qu'une idée, qui parcourt notre tête, le temps d'un battement de coeur, à
considérer notre naissance et notre dégénérescence. Il définit toutes les autres grandeurs de ce monde, il conditionne son existance même, son intrinsèque pulpe. On ne le connaît pas puisqu'on
baigne dedans. Il est peut-être notre raison d'être, lui survivre, à ce géant, désespérément, chacun notre tour, de génération en génération, d'espèce en espèce, de vie en vie.
En attendant, rendez vous à l'Horloge, avant qu'il ne vienne à nous manquer._fck
A force de se convaincre de son manque de valeur, en étant sans cesse comparé dans le mauvais sens avec des bien-faisants bien-pensants, c'est la crise. Quand dans la même
journée, on se sait reconnu par des inconnus, c'est une opposition de valeurs. L'écart est d'autant plus grand, la marche aussi, le saut de coeur en devient presque gigantesque. Je pourrais presque
gober que ça a été fait exprès, ce contraste. Dans ce cas il faudrait que je remercie l'auteur. Toujours est-il que cette autre gloire, ils n'en ont rien à foutre, ils ne pensent qu'à une seule, et
ce n'est pas la mienne. Et pourtant je ne mérite pas moins, enfin je ne crois pas. Leur élan est passé, c'est tout, ils m'ont juste oublié. Je suis donc coincé entre vive colère retenue et
libération intense d'hormones "joie". Pour ça, je les déteste. Pour le reste, ils sont vraiment adorables.
Mais comme on dit, ils se cassent, et après c'est moi qui me casse. Juste être concilient et patient, je dois être heureux d'être silencieux, comme un chat, ne pas faire un seul quantum de bruit en
enlevant mes babouches, et surtout, keine Musik, même pas la nuit.
On part du monde que l'on
connait (le monde "réel").
Le monde "quotidien" est analysable intuitivement par les sens, même si on ne s'en donne qu'une idée pleine de trous et déformée par des masses d'aprioris et autres facteurs aliénants.
Le monde "proche" est analysable à l'aide d'outils, d'instruments de mesures (on répertorie l'infinité d'espèces animales vivant à la surface de notre peau, on joue avec des pommes comme Newton, on
envoie des sondes sur les anneaux de Saturne).
Ces constatations imposent des axiomes (2+2=4 etc). On analyse ce "proche", on le modélise pour s'en faire la meilleure représentation possible, ça c'est la physique, et la mathématique
euclidienne. A plus haut niveau de mathématiques, on se rend compte que ce que l'expérience nous offre n'est qu'un cas particulier d'une infinité de cas possibles, et on essaye d'imaginer ces cas
possibles. Naturellement, ils sont irréalisables dans le monde qui nous entoure, car ils ne respectent pas la géométrie euclidienne. Toutefois, ils sont cohérents, logiques, car ils sont la
généralisation des cas particuliers. Ca fait des structures géantes, avec plein de propriétés toutes reliées les unes aux autres, qui fait qu'a la fin tout est lié, sans défaut, ou presque. Le plus
intéressant, c'est de repérer les limites et les failles, de les titiller jusqu'à ce qu'on les comprenne, qu'on les démantelle. Avec ces structures irréelles, inimaginables et irreprésentable, on
arrive à retrouver les axiomes de base et à confirmer qu'ils étaient bien logiques, que le système entier est cohérent. Et c'est merveilleux. Et l'effet se boucle : ces structures créent de
nouvelles bulles d'axiomes.
Au comble du comble, on se rend compte que les structures irréalisables sont finalement susceptibles de se réaliser dans des univers lointains, comme le confin de l'univers ou le moins que
microscopique par exemple. Ces lieux inaccessibles seraient susceptibles de posséder des structures bizarres, qui ne respectent pas la géométrie euclidienne. Puisqu'on ne peut pas les étudier à
l'aide d'instruments de mesure qui on des limites physiques, on extrapole, on suppose, mais l'important, c'est qu'on ait découvert qu'ils n'ont pas forcément la même forme que l'existance telle
qu'on l'expérimente chaque jour.
En bref, en plus de construire le cerveau, à force de lui apprendre à envisager toutes les solutions en même temps pour un problème donné, de lui apprendre également à calculer plusieurs coups à
l'avance avant de jouer, les mathématiques, comme la philosophie, est une discipline prospective, et presque utile.
Edit :
De la méfiance quant à ces affirmations : Premièrement je suis loin d'être spécialiste, je ne suis ni matheux ni philosophe. De plus, c'est une vision très idéalisée des choses. Rien ne s'est
construit de cette manière, historiquement, rien ne marche comme ça en réalité. Mais bon, à force de tout vouloir modéliser, ça a pour seul intérêt de pouvoir donner des idées, peut-être.
Surtout dites moi quand je me trompe !
De la funk dans les axiomes (et par là un exemple d'axiomes):
Les axiomes de Peano pour construire l'ensemble des entier naturels :
"1) Zéro est un nombre
2) Le successeur immédiat d'un nombre est un nombre
3) Zéro n'est pas le successeur immédiat d'un nombre
4) Il n'existe pas deux nombres distincts possédant le même successeur immédiat
5) Toute propriété appartenant à Zéro et au successeur immédiat de tout nombre possédant cette même propriété appartient à tous les nombres"
On aurait pu dire :
"1) Bidule-truc est un Machin-chouette
2) Le Schtroumf d'un Machin-chouette est un Machin-chouette
3) Bidule-truc n'est pas le Schtroumf d'un Machin-chouette
4) Il n'existe pas deux Machin-chouette distincts possédant le même Schtroumf
5) Toute propriété appartenant à Bidule-truc et au Schtroumf de tout Machin-chouette possédant cette même propriété appartient à tous les Machin-chouette"
Et le lien qui va avec les exemples d'applications :
La ville, avec toi. Le jazz, qui réconforte un peu, malgré l'air lourd et la lumière embarrassante. Il ya la fumée de cigarette, chaleureuse, elle sort de tes poumons, filtrée
à travers tes lèvres souples, et la cigarette dans le prolongement de tes doigts, vernis rouge. Lassés de tout, on marche, parlant de choses dont je n'aurais pas imaginer pouvoir parler.
On a tous ces projets, qui semblent si réalisables maintenant. On est petits, mais peut-être qu'on nous regardera un jour. Et tant de création, et
tant d'épanchement, chantonnant à toutes les épreuves, on s'évade, parmi les limaces géantes, en marchant sur de la gomme. _bug_fck
Tu
sais pourquoi j'y ai rêvé à ce lieu ? Parce qu'on devait y aller, tous les deux, un jour ou l'autre. Ce jour est arrivé, ou cette nuit plutôt, c'était hier soir. On devait y poser notre marque du
souvenir, indélébile, en ancrant sur le papier des bouts de bave ou de graphite, et en poussant sur les notes. Un peu d'évasion dans les discours sans fin sur tous les domaines qui touchent de plus
ou moins loin notre quotidien. On parle de ce qu'on n'ose pas dire aux autres, de manière émerveillée, de peur d'être pris pour des dingues ou des vantards, alors que nous, on se comprend, on sait
qu'il n'en est rien. On ne s'arrête pas de vivre, même lorsque les cordes vibrent, on n'arrête pas de communiquer, sans parler, sans être muets non plus, juste en vibrant avec elles, ou en
interagissant chacun à notre manière. On cesse un peu de chercher des solutions, elles viennent sans qu'on ne s'en préoccupe. Et je suis libre, enfin, pourvu que ça dure un peu.
Cette petite arche, elle n'était pas tout à fait comme ça dans mon rêve. C'est ce qui me fait dire que l'on y retournera, ou alors qu'il y en a une autre quelque part, avec son ciel violet, plus de
végétation à gauche, un muret à droite, et l'horizon à la place de la colline.
Côté boulot, je prends confiance, les résultats semblent bien s'annoncer. J'espère ne pas avoir trop de souci au cours de l'année. En plus je trouve le moyen de m'exciter pour
n'importe quoi, faire des projets de trios violoncelle-guitare-harmonica qui pourraient se révéler pleins de ressources. On y comptera des armures, des accords bizarres, et peut être beaucoup à
apprendre sur le frottement de cordes, entre un camembert et des pâtes à la Nono. La belle vie...
Et dans le même temps persiste la tension tenace de l'appréhension, pour m'oppresser, nous oppresser tous, en particulier quand il s'agit de se découvrir, mettre un peu son derme à nu et sentir la
brûlure que produit la moindre molécule d'air à son contact. C'est parler, comme aux aveux, comme si de rien n'était, sans réaliser qu'il n'y aura plus droit après l'ultime mot, stoïques ou
dégénérés. Ca aurait été plus simple que ça se fasse sans moi, mais il faut y aller, c'est déjà tant d'exigence que tout aille bien.
J'ai besoin de craie. Malheureux d'avoir à m'en servir le jeudi soir, rien ne me ferait plus plaisir que d'en posséder jeudi nuit, pour triturer mes chevilles. A cordes tendues, la profonde
vibration sur le menton et le long du bras droit m'enchantent. M'enchantaient. Sans craie, puisque je ne savais pas m'en servir. Maintenant je ne peux plus. Quand reviendras-tu Gehrard ?
Edit 22/09 13h36 :
Voilà, le mal est fait. Si promptement, avec une émotion indescriptible. C'était formel, je crois que les conséquences ne seront dosables qu'avec le temps. J'espère que ce sera un bien,
sincèrement, même si c'est contre un mal.
Qui ne fulmine pas, qui ne rumine pas ? Dans la tête se déposent des quantités de
chiffres, attachés à des petites mains qui les tournent et les brouillent dans tout les sens pour construire des systèmes inimaginables, et découvrir que l'univers est courbe. Pendant ce temps, en
contraste avec les groupements propres aux vacances, on se retrouve seuls, chacun de notre côté, dans nos petits bouts de terrain, à maudire notre sort, et à l'afficher avec des pixels. Soufflant
et inspirant les petites poussières dans l'harmonica de Pipo, je m'interroge : qu'allons nous - nous, chacun je veux dire, pas nous "nous" - devenir maintenant que le temps veut "nous" séparer ?
Les yeux pochés, les armes à gauche, on se traîne.
C'est hier que je me suis rendu compte que cette année, j'allais arriver au sommet de mes capacités réflexives. C'est la dernière fois que je fais des mathématiques. Quand je ne pratiquerai plus,
je péricliterai lentement au fil des années, laissant derrière moi toutes ces exceptionnelles structures, comme j'ai déjà laissé l'histoire, la géographie, et la philosophie. C'est mon seul
mouvement de cervelle, ces maths. En les détestant à chaque examen, ils m'aident à interpréter et à envisager plus facilement les solutions, les clés dans les situations. Que ferai-je sans eux ?
Pas de prospectivité en musique, pas d'agitation sur le manche de ma guitare, pas d'évolution personnelle, pas de changements dans mes idées, pas non plus de découvertes structurelles intéressantes
et inutiles.
Et ça balance sur le rythme syncopé du bandonéon, plus langoureux que jamais, en regrettant de ne pas parvenir à trouver une solution plus prometteuse.
Depuis que j'ai cette idée en tête, c'est presque une libération. Il meurt... Il meurt ! J'espère qu'il meure. Je désire avidement cette mort, je l'attends, de ce personnage si
malfaisant. Il était pourtant source de mon plus grand bonheur auparavant. Il m'a procuré autant de bien que de mal. Mais maintenant, le mal commence à durer, je ne le supporte plus.
Tout ce que je souhaite, c'est que personne ne le regrette, que tout le monde soit d'accord pour le détruire avec moi. En finir enfin avec cette pourriture qui me fait souffrir, jour et nuit,
chaque seconde de ma misérable existance. Il ne me tiendra plus par le cou du bout de son poing, il ne m'étouffera plus. Il ne réscucitera pas. Pas tout de suite.
Il est l'heure de relativiser je crois. Cette nuit pour le moins agitée m'aura peut-être permis de réfléchir, et même si je n'ai pas trouvé de solution, ma tête fatigue d'y
penser davantage, ce qui a pour effet de me laisser dans un état de paix, la moins temporaire possible sera le mieux. Cet après-midi sera l'épreuve d'une vie, peut-être un premier pas dans un bout
de rêve longtemps refoulé. Même si ça ne se passe pas dans les meilleures circonstances possibles, ça se passe, et c'est génial. Je crois que c'est le prix à payer, finalement, pour la combinaison
de grandes âmes qui oeuvrent pour le bonheur d'après.
Sans cesse une de mes mains contrôle ma tignasse, pour être sûr que je me suis bien fait beau, pour oublier un peu. L'autre est sur le clavier, ou sur une corde. Ma tête
s'essaye à la physique et au solfège, en tentant de mettre de côté le caillot de sang, pour mon bel avenir. C'est une crainte de plus : j'ai peur de rater, puisque je suis incapable de travailler.
Si je rate, je ne pars pas, et la boucle se bouclera sans cesse.
Milonga, oh milonga éternelle. Une nuit orageuse, pas de sommeil. Elle est omniprésente, je ne peux plus réfléchir, cette obsession insensée, à me crever un peu plus à chaque fois, à me surprendre
au détour d'un semblant de joie passagère. Toute une floppée de questions inutiles m'emboite le pas, malgré les divers grigris qui me font un peu parure, pas inesthétique d'ailleurs. Les mots ne
servent à rien, et l'aide que l'on me procure, déjà si grande, et de laquelle je suis toujours émerveillé, ne semble pas pouvoir éponger la souffrance qui débarque par la marée, une fois
toutes les six heures. Si au moins il y avait une mer pour les accueillir ou les emporter. A contre courant, je dois accepter tout ce qui se passe si je ne veux pas tous les abandonner. Il me
semble impossible de ne me fier qu'à moi, comme je me l'étais promis, c'est hors de ma ligne de conduite. Alors j'en prends plein dans le buffet, pour le Bien. Mais mon projet de partir me tient en
attente, recommencer à zéro un peu plus loin, oublier le jour ou j'ai été baptisé Glutte, et être baptisé différemment pour la nouvelle vie, que j'attends, et surtout résister à l'appel de la
désastreuse voie facile. On m'a dit qu'après, "it still sucks".
C'est
finalement assez rare de se voir un peu progresser. Depuis que Gerhard est a pris congé, à cause de sa maladie dont il ne semble pas guérir, et que mon pouce fonctionne à nouveau, j'ai pu passer un
peu de bon temps avec Lise. Quelle adorable sensation que de la sentir consentante, mes mains filent les notes comme du coton. Et puis nous sommes d'accord, en 7ième et en 6ième, ce qui est un
atout majeur pour notre délectable union. Tout se passe dans l'harmonie. Je la dorlotte, elle me chuchotte aux tympans des effleurements, de haut en bas et de bas en haut, légers allers et retours
qui ont une odeur d'épices indiens, ou alors de caramel, parfois de rouille d'hiver. Elle me parle maintenant dans de nombreuses langues, depuis qu'on étudie ensemble les recoins écartés des ondes.
De l'argentin au jamaicain, de l'américain au portugais, de l'hispanisant phrygien au plus mélodieux des petits swings, on ne s'arrête plus de communiquer. Nos corps déjà entrelacés, on se serre
encore, jusqu'à avoir les mains prises de contractions difficiles à contrôler. Mais c'est tellement bien, mon seul, mon véritable amour.
A un bien, un très mal. Toujours. Je suis en train de débuter un blog de maniaque, de dépressif chronique, ça me fait très peur. Pourquoi, bon sang, pourquoi pas plus d'une
demi-journée de bien? Tout est gravi, bâti, et tout se casse la gueule en trois secondes, et tout en même temps. Tout échoue, rien ne se passe, et dans tous les domaines en même temps. Je n'ai pas
le temps d'écrire l'article qui témoigne que ça va bien, à chaque fois je dois écrire celui où ça va mal. Je m'en excuse, ça dégrade séruieusement la qualité des textes du journal.
Je me mets à penser que tout est ma faute, que je suis ingrat, et que penser trop fort du malsain me le fait retomber dessus en vingt fois pire. Je me dis qu'il vaut finalement mieux que je reste
légumier, que je cesse d'avoir des idées tout court, en essayant que mes récriminations ne passent pas pour du caprice, même si ça en est. Rester conciliant, digne, opaque, plastique, pratique,
minuscule.
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