Mercredi 29 août 2007
"Tes yeux. Immenses. Ton regard doux et patient où brûle ce feu qui te consume. Où sans relâche la nuit meurtrit ta lumière. Dans l'âtre, le feu qui ronfle, et toi, appuyée de l'épaule contre le manteau de la cheminée. A tes pieds, ce chien au regard vif et si souvent levé vers toi. Dehors, la neige et la brume. Le cauchemar des hivers. De leur nuit interminable. La route impraticable, et fréquemment, tu songes à un départ, une vie autre, à l'infini des chemins. Ta morne existence dans ce village. Ta solitude. Ces secondes indéfiniment distendues quand tu vacilles à la limite du supportable. Tes mots noués dans ta gorge. A chaque printemps, cet appel, cet élan, ta force enfin revenue. La route neuve et qui brille. Ce point si souvent scruté où elle coupe l'horizon. Mais à quoi bon partir. Toute fuite est vaine et tu le sais. Les longues heures spacieuses, toujours trop courtes, où tu vas et viens en toi, attentive, anxieuse, fouaillée par les questions qui alimentent ton incessant soliloque. Nul pour t'écouter, te comprendre, t'accompagner. Partir, partir, laisser tomber les chaînes, mais ce qui ronge, comment s'en défaire ? Au fond de toi, cette plainte, ce cri rauque qui est allé s'amplifiant, mais que tu réprimais, refusais, niais, et qui au fil de jours, au fil des ans, a fini par t'étouffer. La nuit interminable des hivers. Tu sombrais. Te laissais vaincre. Admettais que la vie ne pourrait renaître. A jamais les routes interdites, enfouies, perdues. Mais ces instants que je voudrais revivre avec toi, ces instants où tu lâchais les amarres, te livrais éperdument à la flamme, où tu laissais s'épanouir ce qui te poussait à t'aventurer toujours plus loin, te maintenait les yeux ouverts face à l'inconnu. Tu n'aurais osé le reconnaître, mais à maintes reprises, il est certain que l'immense et l'amour ont déferlé sur tes terres. Puis comme un coup qui t'aurait brisé la nuque, ce brutal retour au quotidien, à la solitude, à la nuit qui n'en finissait pas. Effondrée, hagarde. Incapable de reprendre pied.
   Te ressusciter. Te recréer. Te dire au fil des ans et des hivers avec cette lumière qui te portait, mais qui un jour, pour ton malheur et le mien, s'est déchirée."

Charles Juliet - Lambeaux

Comme j'étais fan. Comme ce temps a disparu.
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Mardi 28 août 2007
Il faudrait que le petit personnage derrière ma tête me dise quelque chose, sinon il s'expose et m'expose au risque que je l'oublie pour de bon. J'ai la grande nécéssité de recevoir des signes, des coups de pouce, pour finaliser mes espérances. Je ne sais pas à quoi me fier ou non. Ca fait pas mal de choses à régler d'un coup, toutes bien enchevêtrées, comme il se doit. J'ai tendance à croire en ce moment que je ferais mieux de ne m'écouter que moi, et pas d'autres conseillers divers et variés, qui finalement m'empêchent de réaliser des petites choses qui auraient pu bien marcher si je n'avais pas reçu leur mise en garde et que je m'étais tout simplement lancé. Maintenant il va falloir se dépêtrer. Du coup j'ai besoin d'indices, véridiques cette fois, pour me guider, mais pas ceux des "confidentes-second-rôle" de tragédie Raciniennes qui font sans cesse tout foirer, même si elles sont réellement de bonne volonté, et qu'elles sont adorables. Quelle honte encore j'ai de renier les miens ! Mais c'est la période des révoltes, et encore une fois, je n'ai pas le choix, je dois changer, tout changer. On m'espionne lorsque j'écris ici, c'est pour cela que je ne préfère pas en dire trop.Chartres.jpg

J'ai peur de ce qu'il va se passer, ou ne pas se passer - c'est peut-être ça le pire d'ailleurs. C'est pour cela que je dois me convaincre que je suis le seul maître à bord, à moi seul appartiendront toutes mes prochaines décisions, tant pis pour les conséquences. Seul le sentiment me guidera, Descartes n'a qu'à ne pas regarder ce que je fais, il s'en remettra bien un jour.
par Glutte publié dans : Valium
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Mardi 28 août 2007

 



You need coolin, baby, Im not foolin,
Im gonna send you back to schoolin,
Way down inside honey, you need it,
Im gonna give you my love,
Im gonna give you my love.

Wanna whole lotta love?
Wanna whole lotta love?
Wanna whole lotta love?
Wanna whole lotta love?

Youve been learnin, baby, I bean learnin,
All them good times, baby, baby, Ive been yearnin,
Way, way down inside honey, you need it,
Im gonna give you my love,
Im gonna give you my love.

Wanna whole lotta love?
Wanna whole lotta love?
Wanna whole lotta love?
Wanna whole lotta love?


Youve been coolin, baby, Ive been droolin,
All the good times Ive been misusin,
Way, way down inside, Im gonna give you my love,
Im gonna give you every inch of my love,
Gonna give you my love.
Yeah! all right! lets go!

Wanna whole lotta love?
Wanna whole lotta love?
Wanna whole lotta love?
Wanna whole lotta love?

Way down inside, woman,
You need love.

Shake for me, girl
I wanna be your backdoor man.
Hey, oh, hey, oh
Oh, oh, oh
Keep a-coolin, baby,
Keep a-coolin, baby.
par Glutte publié dans : Musique
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Lundi 27 août 2007
Nice.jpgComment doit-on concilier angoisse et joie ? C'est la question qui s'est souvent posée, qui se pose toujours, et à laquelle je n'ai pas envie de répondre. J'ai peur de la catastrophe diplomatique, peur de ce qui va se passer, qui arrive si vite, et qui semble incontrollable, inévitable. Et dans le présent, tout va pour le mieux. J'ai retrouvé mes adorables querelles de famille, mes petits tracas sentimentaux, avec en supplément gratuit des petits nouveaux. Ils me semblent vieillir de plus en plus, tous ces proches. Tout est si agréable lorsqu'on s'en va cinq minutes un peu plus loin que le bout de son quartier. Ca fait bizarre de retrouver le métro que l'on connait bien après avoir quitté celui auquel on s'était presque attaché. A un moment, j'ai même cru qu'il avait été éternellement mien, puis j'ai retrouvé mon bon vieil orangé lyonnais masséna-hôtel, pour me rappeler que j'étais bel et bien implanté ici. Heureusement, changer de tenue me permet de tourner un peu la page, même si ça ne me paraît pas si naturel de me trimballer avec une veste rayée et des lunettes de John Lennon. Ce que j'espère, c'est que je pourrai patienter un peu avant de partir pour de bon, car c'est peut-être ce cadre de plus en plus aliéné qui m'oppresse. Je crains le quotidien, car il ne m'est plus familier, tout a changé. Rien ne tourne rond, et surtout rien ne me donne goût à ce que je fais. Pourtant, c'est dans mes cordes d'habitude, de m'éprendre de choses dérisoires et inintéressantes. La tête dans les mains, les larmes s'épanchent. Douce déprime, lassitude hasardeuse et renouvelée sans cesse. J'aimerais pouvoir espérer mieux, mais après tout, partir c'est tellement plus facile. C'est la première fois que j'en ressens un tel besoin, comme un dernier projet avant la nouvelle vie, puisque rien d'autre ne s'est présenté, ce malgré des efforts soutenus. Peut-être que je devrais encore attendre  et chercher à ce que ça vienne. Mais il y a de l'inertie, de partout, c'est horripilant. De toute façon je n'ai pas le choix. Déceptions.

J'ai honte de renier ma natalité. Et on se raconte nos voyages. Comme ça sonne bien. Que ça sonne loin.
Je i_bug_fck
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Lundi 27 août 2007
photo-paris-photo-champs-elysees-champs-elysees-02.jpgNous t'avons encore parcourue, étonnante capitale, toujours plus admirable, plus magique à chacune de tes rencontres. Il y a de la musique dans le métro briqué blanc, art déco, et les muses des poètes disparus traînent ça et là, pour nous peser, comme sous une énorme toile, nous faire sentir ce petit air si particulier de la géante. Nous marchons sans cesse émerveillés, par tous les temps, sur les traces, hors des traces, jusque dans les petits recoins où la noirceur s'est accumulée. Quel chargement d'Histoire, d'histoires, que d'Humains sont passés par là. Les gens désagréables, les gens souriants, les gens de mille parties du monde, les gens magnifiques. Les sons, les odeurs, les visages, tout est imprégné de cette implacable marque : Paris. A toi la chance. Et c'est à voir, à vivre, pour oublier le reste, même ses propres racines de provincial bêcheur.
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Lundi 20 août 2007
Paris-Tour-Effeil.jpgLes valises sont bouclées, j'ai presque le trac. En espérant que tout se passera bien, j'ouvre mes yeux, mes oreilles, mes narines, je dresse mes poils de bras et c'est parti pour la grande aventure à l'inconnu, flâner sur les avenues, le voyage en train, et le festival, l'ours de Pompon. Il y en a tant à capter, c'est vraiment un endroit magique. J'attends les révélations de mon ami sur certaines histoires qu'il a vécu, et sur d'autres que j'aurai à vivre un peu plus tard. Le tout après une étonnante conversation, très agréable d'ailleurs. J'ai hate d'en savoir plus sur tout ce qui vient... C'est un élan de curiosité. Puis changer ses fringues, ça fait changer de vie je crois. J'espère. En attendant, salut la compagnie, retour le 26.
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Lundi 20 août 2007

 

 

Je revois la ville en fête et en délire
Suffoquant sous le soleil et sous la joie
Et j'entends dans la musique les cris, les rires
Qui éclatent et rebondissent autour de moi
Et perdue parmi ces gens qui me bousculent
Étourdie, désemparée, je reste là
Quand soudain, je me retourne, il se recule,
Et la foule vient me jeter entre ses bras...

Emportés par la foule qui nous traîne
Nous entraîne
Écrasés l'un contre l'autre
Nous ne formons qu'un seul corps
Et le flot sans effort
Nous pousse, enchaînés l'un et l'autre
Et nous laisse tous deux
Épanouis, enivrés et heureux.

Entraînés par la foule qui s'élance
Et qui danse
Une folle farandole
Nos deux mains restent soudées
Et parfois soulevés
Nos deux corps enlacés s'envolent
Et retombent tous deux
Épanouis, enivrés et heureux...

Et la joie éclaboussée par son sourire
Me transperce et rejaillit au fond de moi
Mais soudain je pousse un cri parmi les rires
Quand la foule vient l'arracher d'entre mes bras...

Emportés par la foule qui nous traîne
Nous entraîne
Nous éloigne l'un de l'autre
Je lutte et je me débats
Mais le son de sa voix
S'étouffe dans les rires des autres
Et je crie de douleur, de fureur et de rage
Et je pleure...

Entraînée par la foule qui s'élance
Et qui danse
Une folle farandole
Je suis emportée au loin
Et je crispe mes poings, maudissant la foule qui me vole
L'homme qu'elle m'avait donné
Et que je n'ai jamais retrouvé...

par Glutte publié dans : Musique
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Lundi 20 août 2007
Usé d'azur, j'extrais l'enzyme azimutée de mon zinzin cervelet. Dois-t-on s'opposer à ce reposant zigoto affreusement accusateur et zèlé ? Les zigomatiques de votre visage sont donc insaisissables ? Quelle bizarrerie ! La toile zèbrée n'est pas mobilisée sans montruosité. Il y a divers autres amazones à zyeuter si la gazouillante gazette vous dégaze. Au zénith se pose mon zéphyr, sans zazou pour le dézinguer, et ça bazarde horizontalement, sans mesure, les barbouzes, les azalées, les grizzlys de mon esprit lézardé et mazouté. Sous les mélèzes embrasés se construit une mezzanine ou je peux bronzer blazé sans buldozer ni crème solaire. Les articles azotés gazeront du blizzard un peu kolkhozien et de la luzerne, sans oublier ni les amours, ni le jazz. Le zébu reste vizir et suzerain, mazette, oui, j'ose.Z6-01.JPG
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Dimanche 19 août 2007
1564.jpgTu as mes chaussures, c'est frappant comme le monde est petit.

Curieuses retrouvailles. J'avais presque oublié tes manières de faire. J'avais presque oublié tes mains d'araignée et tes formes doucement anguleuses, tes froufrous, tes fanfreluches, même si je n'ai pas osé te regarder dans les yeux.
Tu es si légère, tu sens bon le shampoing, mais ce n'est plus le même depuis le temps. On a tant changé, tous les deux. Tu n'es plus noire, tu n'es presque plus dread. Et finalement je t'ai bien pardonnée. Tu parles surtout de toi, un peu comme moi finalement. Simplement allongés dans les bras l'un de l'autre, toi endormie, comme d'habitude. Un petit quelque chose du magrheb, de l'amour sans questions, je ne me souvenais plus comment ça marchait. Après un impératif un peu gaché, je retourne à la réalité toute autre. J'aurais espéré que, contre toute attente, un peu comme dans un rêve fantastique, nous nous vissions davantage, et que peut-être... Ca n'aurait pas été logique de toute manière, mais je suis si mal que plus rien ne m'étonnerait ou ne m'arrêterait. Je ne regrette pas. Ca m'a juste fait plaisir de te revoir.
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Dimanche 19 août 2007
Désolé d'être con
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Samedi 18 août 2007

 

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Samedi 18 août 2007
fourchette.JPGCe que je préfère certainement, ce qui me perdra un jour ou l'autre, c'est d'aimer manger. C'est exceptionnel, les petits morceaux de boeuf piqué à l'ail finement coupés, détrempés du jus de barde, qui vient le premier à l'assaut de la langue. Et la dent qui attaque la chair fondante. Exhalaisons d'une tiédeur, le petit goût salé et si particulier du muscle. Accompagné de ses petites patates... Rien que d'y penser, mon estomac frissonne, en produisant ses glouglous habituels. On n'a pas de mot pour décrire la manière dont on entame la couche dorée pour atteindre le coeur mou fritté, c'est tellement bon. Et le fromage. A chaque fois l'extase ! Le salé est maître de mes papilles, rien à foutre du sucré. La crème, le beurre, les épices, les petites herbes. Tout préparer, en prenant son temps, des petites pâtes chinoises dans la tambouille des poivrons, du miel, des petits bouts de jambon revenus, des carottes. Le poisson, le pain et tous les légumes de la Terre. On dresse la table succintement, les assiètes débordent de victuailles préparées avec amour. On mange, on mange jusqu'à l'explosion, les yeux fermés. Se sentir à nouveau plein d'énergie, à tel point que repu, on en vient presque à s'endormir. C'est la surdose de plaisir.

L'entité "bouffe" régit la rotation des galaxies et de l'univers tout entier dans mon petit monde. Du sommeil, un peu de musique, des dialogues, et de la chair. Après, la mort, c'est tout.
i_bug_fck
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Vendredi 17 août 2007
Moments sains échangés, dans cet atmosphère frais et clos, une grande bulle. A parler... J'aime ! A se confier... J'ai l'impression que tu m'as ouvert une partie de toi, et donc je peux m'ouvrir aussi. Il y a beaucoup de nouveau. J'aime. Les pages de livres tapissés sur le mur des toilettes, them. Ce que tu m'as permis d'écrire, la contrebasse continue, le violon qui gémit, le piano qui meuble, et la guitare qui interroge. Des mois, des années peut-être que j'attendais ça. C'est le sentiment de parvenir à accéder à cette langueur. Le ballet frotte sur la caisse claire. Il naît en moi l'espoir, plus tangible, que l'on puisse créer quelque chose à nous seuls, petites personnes curieuses et passionnées.

Ca m'emmerde aussi. Mais tu m'as fait lire, et je me sens bien.
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Jeudi 16 août 2007
Cette nuit, une de plus, je n'ai pas dormi. J'ai eu le droit à une de ces discussions désagréables avec mon ego. Je me rends compte que je me souviens de tout ce que j'ai vécu de novembre 2005 à mars 2007, alors que je suis incapable de me rappeler distinctement ce qu'il s'est passé la semaine dernière. C'est plutôt désespérant. J'ai tant essayé de capturer ces bons moments, j'ai tellement eu peur de les perdre qu'ils viennent pour me hanter aujourd'hui, des mois après les avoir finalement perdus. C'est une atrocité que de rouler dans sa tête de si bon passages, ça assombrit vraiment le paysage déjà bien gris que de penser que l'on a perdu notre partage d'intimité. C'est cette intimité que je voudrais retrouver, mais c'est si impossible, un mur de béton. On est tellement distants aujourd'hui, et c'est entièrement ma faute, même si le point de départ ne vient pas de moi. Ce désir, je l'ai de temps en temps, souvent avant de dormir, pendant des heures, et le sommeil ne vient jamais, à force de dresser des plans de ce qui pourrait être fait pour changer tout ça, ce qui aurait pu être fait plus tôt, et toute l'inutilité de ces essais. J'éprouve le désir ardent de te retrouver, et puis comme d'habitude il s'estompe un peu dès que je m'oblige à penser à autre chose, et je n'ai plus envie de mourir.

Je change de stratégie, je m'imagine débarquer demain quelque part et manger les oreilles de telle ou telle abandonnée, que je pense à tort l'être. Je l'espère me désirer dans un moment d'égarement, alors que je sais pertinament que non, rien de tel n'est plausible. Le demi coma qui approche l'endormissement me pousse à de telles idioties. Je me représente ces situations rocambolesques où nos corps s'étreignent, envers et contre tout le reste, sans aucune logique. Juste un fantasme. C'est ridicule.

J'en arrive à cette conclusion. Le coma m'envahit de plus en plus, et je me calme. Je pense à mon violon, mon petit Gerhard. Il va m'aider à affronter tout ça. Les gens m'admireront, les gens m'aimeront alors que je ne maîtrise rien du tout, que je suis le plus raté des bonhommes, le plus détestable des penseurs. Je veux briller, être admiré, j'ai ce besoin écoeurant qu'on me porte de l'attention, et par là acquérir quelque pouvoir. En réalité, ce vice me permet de cacher que tout ce que je veux, c'est donner tout mon être, toute mon âme jusqu'à la mort, à une personne qui voudra bien partager, accepter cette charge. C'est lourd, c'est rare, mais ça existe puisque ça s'est déjà présenté à moi. Je ne crois pas qu'elle était l'unique. Il faut juste que se découvre la prochaine, la nouvelle, et je serai calmé jusqu'à ce qu'elle me lâche elle aussi. Ou pas. Mais je crois qu'il faut cesser de rêver, ça a déjà fait pas mal de dégâts, je crois.


Edgar-Degas-09-1024x768.jpg
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Répétition d'un Ballet - Edgar Degas
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Mercredi 15 août 2007

 


Monde virtuel

Mais comment faire
Comment lui dire
Comment lui faire voir
Ma planète artificielle

Mais comment faire
Comment lui dire
Comment lui faire croire
Que je changerais le bleu du ciel

Je vis
Dans un monde
Virtuel

Je sais bien que
Tu finiras
Par te détendre
Toi qui préfères les pieds sur terre

Mais je n'sais pas si
Tu finiras
Par te détendre
Dans ta tête
C'est la fête des nerfs

Moi qui vis
Dans un monde
Virtuel

Moi qui vis
Dans un monde
Virtuel

Explorateurs, exploratrices
De la troisième dimension
N'ayez pas peur
Si je me glisse
Dans votre imagination

Je vis
Dans un monde
Virtuel

Explorateurs, exploratrices
De la troisième dimension
N'ayez pas peur
Si je me glisse
Dans votre imagination
Votre imagination
Votre imagination
Imagination...


 




En tête à tête


Ce matin je presse des oranges mécaniquement
Les yeux encore un peu brouillés par le sommeil
J’me retrouve nez à nez avec ce verre qui ne rime à rien
C’est vrai ce week end je suis seul avec moi même

En tête à tête avec moi même souvent j’me tâte à trouver le thème
En tête à tête avec moi même j’ai pas la force de m’dire... chut !

Il faut aimer pour comprendre
Nous aimer pour nous comprendre
Mieux aimer pour mieux comprendre
C’est vrai ce week end je suis seul avec moi même

En tête à tête avec moi même souvent j’me tâte à trouver le thème
En tête à tête avec moi même j’ai pas la force de m’dire... chut !
par Glutte publié dans : Musique
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Mardi 14 août 2007
Fanatique du son de cette bête, si grinçant qu'il est. J'en joue, j'en joue, j'en profite, maintenant qu'il est juste cordé, et que l'appartement est vide. Il me paraît si merveilleux, alors qu'en réalité il doit être assez insupportable, je veux dire, pour toute personne qui n'a pas le menton collé au plastique noir et qui n'est pas dans ma tête. Il me faudrait des murs capitonnés, et je me rendrais sourd à le faire pleurer jour et nuit. Les défunts luthiers et grands compositeurs doivent se retourner dans leur tombeau, si ce sifflement leur parvient aux oreilles, ils peuvent même faire des galipettes, mais je m'en moque, je joue. Du gâchis, du hachis de la Clairefontaine, du Frères Jacques pendu, et le final de la neuvième de Beethoven en ritournelle lassante, picotante, le tout ponctué d'harmoniques non désirées et donc stridentes. Quel joie cet archet qui frotte et re-frotte dans tous les sens, et qui ne paraît pas s'user, dans un fantastique ballet. Un doigts, puis deux. Bientôt le troisième, et avec celui-ci des notes en plus, savoir passer de la partition au toucher. Je rêve déjà des glissandis effreinés, et le petit vibrato si lyrique. Qu'il est difficile de maîtriser une telle sauvagerie, d'acquérir toute l'élégance, l'éloquence incarnée dans ces soixante-dix pièces de bois, plastique et métal travaillées à la main.
par Glutte publié dans : Valium communauté : Communauté des Passionné(e)s
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Mardi 14 août 2007
Gerhard, tu es le petit dernier dans la famille. Après un calvaire, à surveiller malgré toi les gens aux toilettes, comme un pervers passif, tu étais finalement condamné au placard en deuxième punition, les lèvres sous ruban adhésif. On t'avait donné du fil de pêche pour recoudre tes blessures, et ça t'avait tant détendu. Partout des contusions sur ton petit corps boisé, tatoué et désétiqueté, tu es le vieil enfant maltraité, oublié. Enfermé dans le serpent, contre le velour bleuté et poussiéreux, je t'ai  ramassé, je t'ai soigné avec l'aide de quelques amis bienveillants. Et pour la première fois depuis quarante ans, tu fais entendre ta voix, un peu erraillée, un peu stridente. Mais elle est forte, chaude, sauvage, et rien ne saurait l'arrêter. Tu m'as raconté que ta famille, disparue, habitait à Mittenwald, puis à Rouen. Tu as fait tes études à Paris. Après la guerre, on t'a un peu oublié, tu es passé de mains en mains, jusqu'à l'abandon total. Tu es resté là, pour m'attendre, comme un don du ciel. Et je t'ai accepté, en fils adoptif.
1128824408mod.jpg
Je ne te connais pas encore, Gerhard. J'ai grand besoin de t'apprivoiser, te peindre. Tu sens si bon. C'est à toi de m'apprendre ce qu'il me manque pour te savoir, pour tout savoir.

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Lundi 13 août 2007
Tu seras en quête de nouveau, sans cesse, tu chercheras à tout savoir, tout connaître, avoir tout vu, tout entendu. Développe ton corps, ton esprit, et finalement ton âme. Tu dois tout sentir, tout pouvoir juger. Crains le jour de ta mort, crains de ne pas avoir eu le temps nécéssaire pour ce dessein. Les regrets t'harasseront pour te le rappeler et pour t'aider. C'est ton seul but, le dernier, l'ultime et le majeur. Si tu vis sans avoir compris, alors sois damné à tout jamais, car ce n'est pas vivre que d'être passif.


Comme une table de loi,
comme une mission divine, mon credo du moment.
par Glutte publié dans : Valium
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Dimanche 12 août 2007

 




Can anybody find me somebody to love?
Each morning I get up I die a little
Can barely stand on my feet
Take a look in the mirror and cry
Lord what you're doing to me
I have spent all my years in believing you
But I just can't get no relief, Lord!
Somebody, somebody
Can anybody find me somebody to love?

I work hard every day of my life
I work till I ache my bones
At the end I take home my hard earned pay all on my own -
I get down on my knees
And I start to pray
Till the tears run down from my eyes
Lord - somebody - somebody
Can anybody find me - somebody to love?

Everyday - I try and I try and I try -
But everybody wants to put me down
They say I'm goin' crazy
They say I got a lot of water in my brain
Got no common sense
I got nobody left to believe
Yeah - yeah yeah yeah

Oh Lord
Somebody - somebody
Can anybody find me somebody to love?

Got no feel, I got no rhythm
I just keep losing my beat
I'm ok, I'm alright
Ain't gonna face no defeat
I just gotta get out of this prison cell
Someday I'm gonna be free, Lord!

Find me somebody to love
Can anybody find me somebody to love?
par Glutte publié dans : Musique
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Dimanche 12 août 2007

Dans une grise brume. Le vacarme abasourdit assez. Bourdonnement, rien à quoi me raccrocher, à part le passé bien révolu. Je parcours un espèce de monde aliéné, auquel je ne crois pas. Ca ne me semble pas réel. Je me débats, un peu comme dans un cauchemard récurrent, qui donne peur de dormir. Dès que je fuis ailleurs, tout me rattrape, assez rapidement. Il n'y a pas de refuge, ou que j'aille tout est bizarre et dérangeant. Les gens, le paysage ne semblent pas habituels, et pourtant ils appartiennent au décor depuis mon premier souffle. Et j'attends encore, même si ça n'est plus pour les mêmes raisons. Avez vous déjà attendu une période précise, avez vous déjà détesté la veille de cette période, et appréhendé le lendemain ? C'est terrible de penser que pendent un temps réduit il faudra profiter du moment que l'on désirait, et qu'il sera si court.

Voilà enfin le chapitre que j'attendais. Il débute avec peine, et non sans fracas. Le principal c'est qu'il débute. Buvons, oublions.

par Glutte publié dans : Valium communauté : Communauté des Passionné(e)s
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