Je revois la ville en fête et en délire
Suffoquant sous le soleil et sous la joie
Et j'entends dans la musique les cris, les rires
Qui éclatent et rebondissent autour de moi
Et perdue parmi ces gens qui me bousculent
Étourdie, désemparée, je reste là
Quand soudain, je me retourne, il se recule,
Et la foule vient me jeter entre ses bras...
Emportés par la foule qui nous traîne
Nous entraîne
Écrasés l'un contre l'autre
Nous ne formons qu'un seul corps
Et le flot sans effort
Nous pousse, enchaînés l'un et l'autre
Et nous laisse tous deux
Épanouis, enivrés et heureux.
Entraînés par la foule qui s'élance
Et qui danse
Une folle farandole
Nos deux mains restent soudées
Et parfois soulevés
Nos deux corps enlacés s'envolent
Et retombent tous deux
Épanouis, enivrés et heureux...
Et la joie éclaboussée par son sourire
Me transperce et rejaillit au fond de moi
Mais soudain je pousse un cri parmi les rires
Quand la foule vient l'arracher d'entre mes bras...
Emportés par la foule qui nous traîne
Nous entraîne
Nous éloigne l'un de l'autre
Je lutte et je me débats
Mais le son de sa voix
S'étouffe dans les rires des autres
Et je crie de douleur, de fureur et de rage
Et je pleure...
Entraînée par la foule qui s'élance
Et qui danse
Une folle farandole
Je suis emportée au loin
Et je crispe mes poings, maudissant la foule qui me vole
L'homme qu'elle m'avait donné
Et que je n'ai jamais retrouvé...
par Glutte
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Musique
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Cette nuit, une de plus, je n'ai pas dormi. J'ai eu le droit à une de ces discussions désagréables avec mon ego. Je me rends compte que je me souviens de tout ce que j'ai vécu
de novembre 2005 à mars 2007, alors que je suis incapable de me rappeler distinctement ce qu'il s'est passé la semaine dernière. C'est plutôt désespérant. J'ai tant essayé de capturer ces bons
moments, j'ai tellement eu peur de les perdre qu'ils viennent pour me hanter aujourd'hui, des mois après les avoir finalement perdus. C'est une atrocité que de rouler dans sa tête de si bon
passages, ça assombrit vraiment le paysage déjà bien gris que de penser que l'on a perdu notre partage d'intimité. C'est cette intimité que je voudrais retrouver, mais c'est si impossible, un mur
de béton. On est tellement distants aujourd'hui, et c'est entièrement ma faute, même si le point de départ ne vient pas de moi. Ce désir, je l'ai de temps en temps, souvent avant de dormir, pendant
des heures, et le sommeil ne vient jamais, à force de dresser des plans de ce qui pourrait être fait pour changer tout ça, ce qui aurait pu être fait plus tôt, et toute l'inutilité de ces essais.
J'éprouve le désir ardent de te retrouver, et puis comme d'habitude il s'estompe un peu dès que je m'oblige à penser à autre chose, et je n'ai plus envie de mourir.
Je change de stratégie, je m'imagine débarquer demain quelque part et manger les oreilles de telle ou telle abandonnée, que je pense à tort l'être. Je l'espère me désirer dans un moment
d'égarement, alors que je sais pertinament que non, rien de tel n'est plausible. Le demi coma qui approche l'endormissement me pousse à de telles idioties. Je me représente ces situations
rocambolesques où nos corps s'étreignent, envers et contre tout le reste, sans aucune logique. Juste un fantasme. C'est ridicule.
J'en arrive à cette conclusion. Le coma m'envahit de plus en plus, et je me calme. Je pense à mon violon, mon petit Gerhard. Il va m'aider à affronter tout ça. Les gens m'admireront, les gens
m'aimeront alors que je ne maîtrise rien du tout, que je suis le plus raté des bonhommes, le plus détestable des penseurs. Je veux briller, être admiré, j'ai ce besoin écoeurant qu'on me porte de
l'attention, et par là acquérir quelque pouvoir. En réalité, ce vice me permet de cacher que tout ce que je veux, c'est donner tout mon être, toute mon âme jusqu'à la mort, à une personne qui
voudra bien partager, accepter cette charge. C'est lourd, c'est rare, mais ça existe puisque ça s'est déjà présenté à moi. Je ne crois pas qu'elle était l'unique. Il faut juste que se découvre la
prochaine, la nouvelle, et je serai calmé jusqu'à ce qu'elle me lâche elle aussi. Ou pas. Mais je crois qu'il faut cesser de rêver, ça a déjà fait pas mal de dégâts, je crois.
ug_fck
Répétition d'un Ballet - Edgar Degas
par Glutte
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Dans une grise brume. Le vacarme abasourdit assez. Bourdonnement, rien à quoi me raccrocher, à part le passé bien révolu. Je parcours un espèce de monde aliéné, auquel je ne
crois pas. Ca ne me semble pas réel. Je me débats, un peu comme dans un cauchemard récurrent, qui donne peur de dormir. Dès que je fuis ailleurs, tout me rattrape, assez rapidement. Il n'y a
pas de refuge, ou que j'aille tout est bizarre et dérangeant. Les gens, le paysage ne semblent pas habituels, et pourtant ils appartiennent au décor depuis mon premier souffle. Et j'attends
encore, même si ça n'est plus pour les mêmes raisons. Avez vous déjà attendu une période précise, avez vous déjà détesté la veille de cette période, et appréhendé le lendemain ? C'est
terrible de penser que pendent un temps réduit il faudra profiter du moment que l'on désirait, et qu'il sera si court.
Voilà enfin le chapitre que j'attendais. Il débute avec peine, et non sans fracas. Le principal c'est qu'il débute. Buvons, oublions.
par Glutte
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Valium
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