Cet air de bossa nova ne me sortira donc jamais
de la tête. Au point qu'il me force à l'apprendre à la guitare. Doucement lancinant, il vous emmène sur la lune, avec un peu de nylon chaud et de ce cuivre si éblouissant. La brume tièdie, si
humide, si latine, et la voix d'Astrud, merveilleuse. Ce petit accent, cette monotonie, ce ton si souple. Du coton pour l'écouter, comme si l'orchestre jouait derrière un mur. C'est rare d'entendre
autant d'amour.
Les débouchages
d'éviers ne font plus rien à mes petites mains autrefois sensibles. Je sais maintenant être sale, et ça devient presque une envie de l'être, juste de temps en temps. Ce soir je suis vraiment seul
pour ôter cette crasse. Mais je savoure ce léger instant, dans lequel je sais que j'existe, que je suis capable de faire quelque chose, alors qu'elle ne le pourrait pas, malgré ses grands airs. La
nostalgie monte un peu, mais rien de bien grave. Je n'en veux même pas à ma soeur qui me laisse faire la boniche, je m'en fous, je suis le plus seul du monde ce soir, et je suis libre de faire de
la merde. Demain je prévois d'apprendre à cuisiner les patates, et je pense déjà à un éventuel rôti de boeuf à partager entre amis pour le soir ou plus tard. C'est tellement bien d'apprendre à
faire ces choses, à en faire de plus en plus, du tournevis jusqu'au repassage, en passant bien sûr par tous les instruments de l'orchestre et par la conduite. La moto aussi. Il faudrait que je me
mette à peindre également. Que de projets...
Quelle prouesse esthétique ! Quelle forme ! Et
autant de souplesse pour cette fonte malléable si solide et si utile en même temps. Elle est présente dans notre vie quotidienne, souvent à notre insu. Cette spirale métallique trop peu connue de
la majorité et mériterait d'apparaître enfin au grand jour. Je vais m'en charger. Elle sera mon objet fétiche pour cette nouvelle année. Il va falloir s'accrocher.

We used to leave the blue lights on and there was a beat
Ever since you have been gone it's all caffeine-free
Faux punk fatigues
Said it all before
They try to kick it, their feet fall asleep
Get no harm done no
None of them want to fight me
Combat baby come back baby
Fight off the lethargy
Don't go quietly
Combat baby
Said you would never give up easy
Combat baby come back
Get back in town I wanna paint it black
Wanna get around
Easy living crowd so flat
Said it all before
They try to kick it, their feet fall asleep
I want to be wrong but
No one here wants to fight me like you do
Combat baby come back baby
Fight off the lethargy
Don't go quietly
Combat baby
Said you would never give up easy
Combat baby come back
I try to be so nice
Compromise
Who gets it good?
Every mighty mild seventies child
Every mighty mild seventies child
Beats me
Do doo doo doo
Combat baby come back baby
Combat baby come back
Bye bye bye bye bye bye bye bye baby
Combat baby come back
How I miss your ranting
Do you miss my all time lows
Quel parfum. Que je n'ai pas retenu. J'éprouve maintenant le besoin inaltérable de le sentir à nouveau, posé là, encore, la tête sur les genoux, en n'osant pas te regarder
en face - et ce n'est pas l'envie qui me faisait défaut - minant d'être concentré sur le film dont les images ne m'ont finalement qu'effleuré. Pendant ce temps, je batissais dans ma tête l'espoir
d'un nouveau monde, un de plus. Mais celui là, j'espère avoir le droit d'y croire, d'accéder enfin à ce que j'avais perdu, et que tout s'arrange dans cet élan. Ce serait vraiment merveilleux, un
retour vers la surface et peut-être même une nouvelle ascension, en fantasmant un peu, certes.
C'est plus sentimentalement que je suis convaincu que l'être humain ne peut pas se contenter d'être un système. Une voiture a toujours un conducteur, et un ordinateur a toujours
un utilisateur au bout du clavier. L'ordinateur n'a jamais accès ni à son utilité sur terre, ni au sens de son existence. Il sait qu'il peut aller à telle vitesse, calculer telles ou telle chose, mais il ne sait certainement pas à quoi ça va servir (construction de ponts, lettres de motivation sur word
ou autre). Il sait afficher la lettre "A" mais il n'en connaît pas la signification. L'ordinateur, s'il est fabriqué avec certaines fonction pourra savoir tout ce qu'il a dans le ventre :
mémoire, processeur et autres. Et même si on le programme pour qu'il comprenne comment fonctionne son processeur, il n'aura quand même pas accès à son sens. C'est un peu pareil si on découvrait
comment fonctionne le cerveau, ce n'est qu'un outil de plus à nous mouvements sur terre, mais ça ne résoud pas notre raison d'être, notre utilité d'exister. En ça, toutes les parties du corps forment le corps, comme un scaphandrier plongé dans la réalité. Pour ce qui est de notre sens, ce
n'est peut-être même pas un concept "d'utilité", c'est peut-être quelque chose de plus abstrait, d'inimaginable, puisqu'on n'a pas accès à notre sens. On ne comprendra donc jamais la clé : cette
clé on l'appelle Dieu, l'âme ou autre chose. Et plus on cherchera, plus on s'éloignera de la solution.
Le sens est détenu par quelque chose de supérieur : sur la machine et les objets créés par le vivant (dont par l'homme), le vivant est supérieur (dont l'homme). Sur la réalité, l'univers, le monde et sur le vivant, Dieu est supérieur. Et on pourrait même délirer en disant que Dieu a aussi son entité supérieure, un supra-Dieu, qui aurait lui même son entité supérieure etc... On peut aussi penser que Dieu est sa propre cause, solution retenue par la majorité des cartésiens et des kantiens.
Donc par là, des questions débiles pour tenter, en vain, de comprendre notre sens : pourquoi l'humanité tend à vouloir survivre ? (bon il y a des suicidaires, mais dans l'ensemble on se reproduit, la population augmente) pourquoi a-t-on peur de mourir ? Ces questions sont valables pour toutes les formes de vies d'ailleurs. Toute bestiole a pour seule conviction de faire perdurer son espèce, de survivre, d'exister, tout simplement, sans savoir pourquoi.
Réactions