Lundi 8 octobre 2007
engrenage.jpgOn m'a rendu mon ouïe, enfin, pour mieux me perdre dans les volutes d'ondes voluptueuses. Le son est noisetté, et je pense. Je pense à bientôt, j'ai des fleurs à offrir, une personne à embrasser, un alliance à passer, un rendez-vous à aller. La charge émotionnelle et mentale ne vont pas de paire, se combattent sans cesse, courageusement. J'ai envie d'aimer, mais ça pose problème à mon réflexif, qui ne peut gérer les deux en même temps. Ca me crève de ne pas maîtriser la totalité de l'univers, de n'être roi dans mon propre royaume. Du repos, c'est ce qu'il faut, plus de sommeil, plus d'heures dans chaque jour que le temps donne. Parce qu'il n'y a pas le temps de penser à rien, pas de temps sans houle synaptique. Je nage, en nage, et les Noisettes m'encouragent.
par Glutte publié dans : Valium communauté : Ecrire
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Dimanche 7 octobre 2007
"Que suis-je devenu ? Immoral et dépassionné, trop fier d'avoir acquis quelque sensibilité. Qu'ils souffrent, les autres qui m'ont donné. Ils m'ont bannis de leur cercle vicieux, et c'est au tour du cercle lui-même de m'accueillir en ses cieux. L'homme ivre ne sait pas de quoi il parle. L'homme vivant préfère se cacher les yeux.
Oubli, oubli de ***, de tout.
Je parle au maître de toutes les clés qui s'en veut de ne pouvoir satisfaire tout son monde.
Sois gigantesque et grandis davantage. Je resterai petit, grandissant aussi pour t'admirer."

Perdus sous le coton, une nuit de samedi, on s'échoue sur la berge. On s'étale, anonymes, regard dans le vague, bouteille à la patte. On oublie qu'il fait froid et qu'on manque.
Perdus sous l'echo, une journée de dimanche, on marche dans l'herbe mouillée. On s'asseoit sur un banc. On ne veut pas savoir que le temps est limité, on a plein de choses à faire.
par Glutte publié dans : Petites cases communauté : Ecrire
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Dimanche 7 octobre 2007

 




I'm walkin' through streets that are dead
walkin' with you in my head
my feet are so tired
and my brain is so wired
and the clouds are weepin'
did I hear someone tell a lie
did I hear some long distant cry
I spoke like a child
you distoryed me with a smile
while I was sleepin'
well I'm sick of love
but I'm in the thick of it
I'm sick of love
well I'm lovesick
I see
I see lovers in the meadow
I see
I see silhouettes in the window
I watched till they're gone
but they keep me hangin' on
to their shadow
well I'm sick of love
I wish I never met you
this kind of love
oh, I'm trying to forget you
just don't know what to do
I'd give anything to
be with you
par Glutte publié dans : Musique
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Vendredi 5 octobre 2007
use-tango12.jpgGehrard va très mal. Je l'ai trouvé ce soir dans son étui, tout déglingué. Il me regardait tristement, des coups dans la chair, déçu et désolé de ne pas avoir pu me suivre. Il était nu et froid, les cheveux emmelés, le peigne accroché à leur extremité, pendouillant lamentablement. Sa balafre  et ses pansements passaient inaperçu au milieu du carnage. En fait, il a certainement très mal supporté le réveil, lui qui était endormi depuis des années. Il tremblait, le pauvre enfant. Il n'avait pas osé me le dire, que le temps l'avait lui aussi effrité, affaibli. Comment s'y faire, à l'horreur de penser que rien n'est immuable, et que même la plus grande des passions ne suffit jamais. Toute la consécration meurt, trouve ses limites, insupportables. Ton lit de velours bleu ne sera pas un tombeau Gehrard, on ira loin, on en apprendra de belles.
par Glutte publié dans : Petites cases communauté : Les Enfants des Muses
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Jeudi 4 octobre 2007
On m'a privé de mon plus précieux sens. Quelle bizarrerie, quel enfer ! J'ai comme une tenaille serrée contre mes deux oreilles, et tous les sons sont sourds. Je n'entends plus que les bruits de mon corps, feutrés. Lorsque je traîne les pieds, il n'est plus rien qui parvienne à mes tympans, paralysés. C'est moi qui suis paralysé. Tout au long de la journée, je réalise à quel point ça me manque. J'ai besoin de communiquer, mais je n'ai pas le droit. Je n'entends plus l'harmonie, je ne comprends rien à ce que l'on me dit. C'est horrible. Je souhaite de tout mon coeur que, comme on me l'a affirmé, ça n'est que passager. Ce serait insupportable de continuer plus longtemps dans cet état. Pourvu que ça revienne.
par Glutte publié dans : Valium communauté : Les Enfants des Muses
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Mercredi 3 octobre 2007
250px-Rue-de-Menilmontant-in-Paris.jpgJe plane. Rien ne me touche, tout est sourd. On parle, enveloppés par cette lumière palotte. La grande aiguille se balade de droite à gauche, nos nouveautés, nos petites histoires, nos défis, notre entraide. Je n'ai pas tout capté, aucune maîtrise de l'espace. C'est lui qui m'a maîtrisé, le temps aussi. Il ne m'a encore pas attendu, avec, comme à chaque fois l'élément qui m'empèche de franchir la limite. Malgré un élan, je n'ai pas pu embrasser mon avenir heureux, qu'à cela ne tienne, la semaine prochaine, quand je ne serai plus malade. Pourquoi ça ne serait pas possible ? J'ai le droit d'avoir senti les quelques signes impensables, malgré mon éloignement du grand bain. Pas de sens signifierait plus de saveur au monde ? Oser, oser... Sans difficulté. Il y a toujours quelque chose pour m'arrêter. Serai-ce si mauvais, aller chercher ce qui nous manque, à la source ? Mes yeux sont clos, et je ne me permets pas de regarder en face. J'attends l'heure, en pagayant, lentement.
par Glutte publié dans : Valium communauté : Les Enfants des Muses
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Mardi 2 octobre 2007

 

par Glutte publié dans : Musique
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Mardi 2 octobre 2007
Maintenant que j'ai un archet, me voilà avec les oreilles en rade. Et ça fait mal. Les médicaments ne sont pas remboursés, ou alors en rupture de stock, naturellement, quelle joie. J'ai eu la chance à ma naissance de savoir convertir les angines que l'on me donne (n'est-ce pas Griotte ?) en otites très douloureuses, un comble pour un musicien, non ?

Edit : Je reprends un peu foi en la médecine, ça calme quand même pas mal.
par Glutte publié dans : Valium
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Lundi 1 octobre 2007
Des projets, des projets... Toujours malade, je suis heureux d'avoir découvert que j'ai de quoi occuper mon esprit un petit moment. Ca me fait un peu comme si le gouffre était couvert de planches temporaires, en attendant mieux. La différence aussi, c'est que mon attente est moins assoifée. C'est comme si je m'habituais progressivement à tout ce bazar, avec toujours en toile de fond le regard sévère, dédaigneux ou méprisant, ou je n'en sais rien en fait, puisque je ne le vois pas. Et je n'ai pas la moindre envie de le voir. Chacune de ses images me transperce comme un bout de papier toilette.
N'y pensons pas. J'aurai tout le temps pour m'en vouloir. On m'a fourni un archet, une histoire à raconter, de l'attention, une importance en fait. J'espère que ça ne sera pas abandonné, tout ça. Ce serait dommage de tout laisser tomber par flemme ou lassitude. Le rêve à réaliser, c'est de faire dépasser ça de nos espérances les plus exacerbées, ça pourrait être merveilleux. Mais déjà ça l'est. Ce petit quelque chose que je sens depuis ma naissance, ce désir de ne pas être un petit rien, pourra peut-être un jour cesser de n'être qu'un désir. Il est espoir, et celui-là, qu'il me tue. Je dois mourir heureux.

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Jean François Millet - Départ au travail
par Glutte publié dans : Valium communauté : Communauté des Passionné(e)s
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