On est tous sales !
Et ce qui est merveilleux, c'est que l'on a le droit. Le visage couvert de poussière brune, aglutinée par vingt ans de frottements sur les rails, on dévisse, on démonte, on défait tout ce qui se
trouve sur notre passage. Toutefois, on évite de réellement tout enlever, sinon on aurait droit à la chute des 35 tonnes de matériel sur nous, ce qui ne serait pas très agréable.
Etrange apparition dans ma
tête. Je réalise avec un peu d'appréhension que je me focalise de plus en plus sur elle. Comme un besoin, elle revient d'un seul coup, sans prévenir, pour me hanter, et m'annoncer que c'est à elle
seule à qui je suis destiné. Je dois tout faire pour la voir, toutes les raisons seront bonnes. Avant même de l'avoir touchée, mes yeux la connaissent par coeur, sa voix me parle tous les jours,
comme enregistrée sur une bande magnétique. Ses yeux noisetés me fixent à la manière d'un petit animal, et ses cheveux coulent sur mon visage, du front jusqu'au menton, sur mon nez. Je connais son
odeur, j'inspire fort pour tenter de l'attraper, de la conserver dans une des petites cases entièrement dédiée à elle.Ces mots enorgueillis, petits, moyens et grands, touchent, font et défont. La surrenchère de haut vocabulaire est vomitive, abaissé au rang de courant à force de trop de sollicitation dans divers pseudo-poèmes et pseudo-plaintes. Le langage est déparlé, au même titre que l'on peut être déshumanisé après trop de mal vivre. Les mots perdent leur valeur, et ne créent plus l'étincelle. Alors il faut sans cesse chasser ceux qui sont en voie d'extinction, les derniers qui restent, oubliés dans un coin de forêt inexploré par le grand commun. On en vient même, après de longues recherches, dans une espèce de chimie de la dernière chance, à les créer, à les concentrer grassement, à les agencer en vers trop crémeux, alors qu'à leur naissance, qui fut celle de l'humanité, il suffisait de les prononcer pour qu'ils prennent tout leur sens et éveillent en nous la même force que les plus grands poètes ont du mal à produire de nos jours. Les mots meurent à force de se nourrir de trop d'urgences et de sentiments extrémisés pour si peu, en orgie, en absolution et en légalisation du "toujours plus".
Mais parfois, un chasseur de mots parvient à ré-apprivoiser, l'espace de quelques paragraphes, ces mots oubliés, malgré nous, pour leur bien d'ailleurs. Et c'est dans le plus grand remède, par abnégation, qu'il nous tire de notre trop-lettrisme, simplement. L'espace d'un texte...
http://a-nos-zetoiles.skyrock.com/article_1074274398.html

Pierre Auguste Renoir - Femme au livre
Pourquoi est-ce que je n'y parviens plus ? Avant ce terrible passage, tout semblait si clair dans ma tête : je savais simplement comment enchaîner le glock et les percussions,
les cordes et les violons, les becs et les ponts. Aujourd'hui, à force de vouloir tout compliquer, au nom de je ne sais quel mouvement, ou quelle culture, et surtout alors que je ne les maîtrise
pas assez, je ne sais plus rien faire de mes notes. Dès lors, ma création sentimentale n'est qu'une ombre sur l'autel de la technique, et le résultat est assez mauvais. Pourquoi ne pas avoir gardé
en tête cette simplicité d'autre fois ? Je ne sais plus ce que j'aime écrire, les codes se mélangent dans ma tête pour donner un potage informe. Est-ce que j'en ai trop écrit, déjà ? Ai-je épuisé
mon stock de mélodies ? Pourtant il y en a de nouvelles dans ma tête, mais l'orchestration ne veut plus se faire. La seule solution pour que je puisse à nouveau parler est que l'on m'apprenne ce
que je ne sais pas encore. Mais ça n'est pas gagné d'avance.

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